Bruxelles, 17/11/2006 (Agence Europe) - Comme nous l'avons annoncé, Jacques Delors et Poul Nyrup Rasmussen présenteront au congrès du Parti des Socialistes Européens (PSE) des 7 et 8 décembre à Porto « dix principes pour une nouvelle Europe sociale » (EUROPE n° 9308). Dans la Frankfurter Allgemeine Zeitung du 16 novembre, l'ancien Président de la Commission européenne et le Président du PSE mettent en garde: notre Europe sociale est en jeu, car les gouvernements conservateurs estiment que les pays européens ne peuvent plus se permettre leurs systèmes de protection sociale et la seule réaction de la Commission européenne au défi de 18 millions de chômeurs et 68 millions de gens vivant dans la pauvreté en Europe est la libéralisation du marché intérieur. Les Européens doivent, au contraire, établir d'autres priorités, font valoir MM. Delors et Rasmussen, qui soulignent en particulier la nécessité d'augmenter d'urgence le taux d'emploi, de faire de l'engagement sur un apprentissage tout le long de la vie une réalité « de nos sociétés », de développer le dialogue social entre gouvernements, syndicats et patronat (afin notamment de parvenir à des décisions plus équitables sur les salaires et à maîtriser le changement). Pour contrecarrer le risque de concurrence fiscale entre Etats membres - un scénario menaçant qui risque de miner la paix sociale, qui est la plus grande force de l'Europe -, le fondateur de Notre Europe et l'ancien Premier ministre social-démocrate danois demandent pour l'impôt sur les sociétés un taux minimal valable dans toute l'Europe. Une fois de plus, ils déplorent par ailleurs l'absence de coordination des politiques économiques des Etats membres de l'UE, et estiment qu'une stratégie marco-économique européenne bénéficierait à l'Europe (ils rappellent là l'idée lancée en octobre 2005 à Londres par les leaders et premiers ministres de convenir des plans d'investissements au niveau européen). MM. Delors et Rasmussen concluent en soulignant l'importance d'une dimension européenne de la politique sociale et en exhortant la Commission européenne: qu'elle fasse usage de son droit de proposer une législation plutôt que seulement des recommandations, et qu'elle abandonne sa réticence à l'égard de règles européennes qui peuvent donner au marché intérieur une composante sociale commune. (mg)