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Bulletin Quotidien Europe N° 9309
JOURNEE POLITIQUE / (eu) pe/iran

Le PE demande à Téhéran de renouer le dialogue avec l'UE sur les droits de l'Homme et dénonce la détérioration de la situation depuis un an

Strasbourg, 17/11/2006 (Agence Europe) - Le Parlement européen, en adoptant le 16 novembre une résolution de six groupes politiques (tous sauf le groupe Indépendance et démocratie), a exprimé sa préoccupation face à la détérioration de la situation des droits de l'Homme depuis l'entrée en fonction du Président Ahmadinejad, en juin 2005, et a demandé à Téhéran de renouer le dialogue avec l'UE en matière de droits de l'Homme. En outre, le PE invite l'UE à aborder avec l'Iran « les cas concrets de violations des droits de l'Homme, ce qui constitue la condition première des progrès dans les relations économiques et commerciales » entre l'Union et Téhéran, et à apporter notamment « un soutien aux médias non censurés ». LE PE se félicite par ailleurs de la première visite d'une délégation du Majlis, le Parlement iranien, en octobre à Bruxelles (voir EUROPE n° 9284). La longue résolution évoque en particulier les problèmes suivants: - prisonniers politiques. Le PE demande d'accélérer l'enquête en cours sur « les morts suspectes et les meurtres d'intellectuels et d'activistes politiques », et de « fournir de façon inconditionnelle l'assistance médicale appropriée aux prisonniers ». La résolution demande la libération de plusieurs prisonniers d'opinion et se félicite de la récente libération de trois d'entre eux ; - jeunes délinquants. Les députés sont consternés de constater que l'Iran continue d'exécuter des mineurs et que, «en dépit des assurances données par le gouvernement, la lapidation, dans deux cas au moins, a été exécutée » ; - droits des minorités. Le PE s'inquiète du sort de minorités telles que les Azéris (la principale minorité ethnique en Iran), les Kurdes, les Arabes et les Balouchis ; - liberté de la presse. Le PE insiste notamment sur la libération de « tous les journalistes et bloggeurs détenus », condamne l'incarcération de cyberjournalistes et de bloggeurs et « la censure frappant plusieurs publications en lignes, webblogs et sites internet, car il s'agit de la source d'information la moins censurée à laquelle puisse accéder le peuple iranien » et invite le parlement iranien à abroger toutes les dispositions pénales concernant l'expression pacifique des opinions ; - liberté de religion. Le PE demande notamment « le levée de l'interdiction de facto frappant la pratique de la foi Baha'i », s'inquiète de l'arrestation de deux avocats qui « plaidaient la cause de soufis à Qom » et se dit préoccupé pour la sécurité de « l'ayatollah Sayad Hossein Kazamenyi Boroujerdi, qui prône depuis des années la séparation de la religion et des fondements politiques de l'Etat », ainsi que de « plus de 400 de ses partisans, selon les informations disponibles » ; - droits de la femme. Malgré quelques progrès, le PE reste préoccupé par les discriminations juridiques et pratiques dont souffrent les femmes et condamne le recours à « la violence et à la discrimination envers les femmes iraniennes, qui demeure un grave problème ».

Au cours du débat, certains députés se sont montrés plus intransigeants et d'autres, malgré leur condamnation des violations des droits de l'Homme, plus enclins au dialogue, afin d'essayer d'améliorer la situation. En leur répliquant, le Commissaire Olli Rehn a reconnu que la situation des droits de l'Homme en Iran s'est plutôt empirée dernièrement: nous avons posé le problème aussi bien par des démarches que par des déclarations, mais malheureusement les autorités iraniennes semblent être « moins disposées, à prendre en considération nos requêtes » que par le passé. Pour cette question, l'UE a décidé de soutenir la proposition de résolution canadienne sur les droits de l'Homme en Iran, au Conseil de sécurité à la fin du mois. Quel que soit le potentiel de nos relations avec le Téhéran sur le plan, par exemple, commercial ou de l'énergie, tant que ces violations persisteront ces relations ne pourront pas « se développer de manière adéquate », a regretté M. Rehn. (mg)

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