Strasbourg, 17/11/2006 (Agence Europe) - Le Parlement européen a adopté le 16 novembre une résolution (signée par tous les groupes politiques sauf Indépendance et démocratie) demandant au gouvernement transitoire du Bangladesh conduit par le Président Iajuddin Ahmed de prendre des mesures immédiates pour remettre en place la Commission électorale et assurer que les élections prévues en janvier 2007 seront libres équitables. La résolution se félicite de la décision de la Commission européenne d'envoyer une mission d'observation de ces élections. La Commission électorale devra, en coopération avec les experts nationaux et internationaux, « améliorer la qualité et l'exactitude des listes électorales », avertit le Parlement, qui note que, selon une estimation de la Commission européenne, « 13 millions de noms non valables ont été ajoutés » à ces listes. En rappelant que la « longue tradition de démocratie laïque » du Bangladesh a été « mise en échec par l'extrémisme islamique » au cours des dernières années, le Parlement demande au gouvernement transitoire de désarmer les partisans des groupes islamiques responsables d'agressions et de harcèlement, et de mettre fin au « climat d'impunité ». La résolution dénonce les attaques contre les journalistes: en 2006, selon Reporters sans frontières, trois ont été tués, au moins 95 ont été agressés, 55 ont fait l'objet d'intimidations et plus de 70 « ont été contraints de fuir suite à des menaces », et Salah Uddin Shoaib Choudhury, directeur de l'hebdomadaire Weekly Blitz, journaliste « prônant le dialogue entre les religions et la reconnaissance de l'Etat d'Israël », risque la condamnation à mort « lors du procès pour sédition » qui s'est ouvert le 13 novembre. Le PE s'inquiète aussi des exécutions extrajudiciaires, de la pratique de la torture par la police, des droits des communautés indigènes des Chittagong Hill Tracts et de groupes religieux minoritaires comme les communautés Ahmadi, hindoues et chrétiennes, de la violence domestique et du travail des enfants.
Au cours du débat, il a été rappelé que le dernier Prix Nobel de la Paix vient du Bangladesh, alors que le vert français Gérard Onesta a remarqué: nous avons récemment reçu des représentants de la société civile de ce pays, en présence de l'ambassadeur du Bangladesh qui, « le pauvre, avait été nommé le jour même » et a pu constater les effets de la démocratie lorsqu'elle est appliquée (mg).