Bruxelles, 19/10/2005 (Agence Europe) - La croissance économique, à elle seule, ne permet pas une augmentation du nombre d'emplois et il est donc essentiel de trouver une bonne combinaison de politiques de l'emploi et de politiques actives du marché du travail pour créer davantage d'emplois dans l'UE. Tel est le message transmis mercredi par le Commissaire Vladimir Spidla, venu présenter à la presse le nouveau rapport de la Commission européenne sur l'emploi en Europe, qui révèle que, malgré une faible croissance économique, le taux de croissance de l'emploi dans l'Union a doublé pour atteindre 0,6% alors que le taux de chômage s'est stabilisé autour de 9% en 2004, grâce aux importantes réformes engagées, en application de la Stratégie européenne pour l'emploi. Selon M. Spidla, les chiffres montrent que « le succès dépendra moins de la situation de départ des Etats membres que des récentes politiques mises en œuvre par les gouvernements ». Tout en reconnaissant que le taux de chômage reste trop élevé, le Commissaire rappelle les changements structurels sans précédents enregistrés dans l'UE (notamment, élargissement à l'Est, explosion du nombre de retraités issus du « Baby boom ») et le temps qu'il faudra pour que les effets des réformes se fassent sentir. « Le rapport montre que la politique de l'emploi donne des résultats », a-t-il assuré. Les statistiques contenues dans le rapport montrent que la durée du chômage est généralement plus courte, les vacances d'emplois moins longues, les dépenses de formation plus élevées et mieux ciblées et les salaires plus sensibles aux conditions de marché dans les Etats membres qui ont investi dans les politiques actives du marché du travail. Dans ces pays, le recours à des formules de travail plus souples telles que le travail à temps partiel ou à durée déterminée est plus fréquent. « Les Etats membres doivent continuer de s'inscrire dans cette dynamique car, bien que le taux de croissance de l'emploi de l'Union ait doublé, il reste inférieur aux taux des Etats-Unis », avertit le Commissaire. Selon lui, le succès des politiques actives du marché du travail reflète aussi la réussite de la formation professionnelle et du placement des jeunes en Irlande, aux Pays-Bas, au Danemark, en Suède et en Belgique. Mais la situation n'a pas évolué de manière uniformément positive dans l'ensemble des Etats membres, avec des différences notamment entre les nouveaux et les anciens pays membres. Par exemple, les disparités en matière de revenus ont le plus diminué en Espagne alors qu'elles ont le plus augmenté en Pologne. Les taux de chômage régionaux sont également très différents d'une région à l'autre, allant de 2,4% à 32,8%.
Plus en détail, le rapport révèle notamment que: 1) entre 1995 et 2004, la baisse la plus marquée du taux de chômage structurel dans l'UE-15 a eu lieu au Royaume-Uni (3%) et en Grèce, Espagne, France, Italie et Finlande (2%). A l'inverse, entre 1997 et 2004, les nouveaux Etats membres ont enregistré une hausse de ce taux (+5,5%), les pires performances ayant été observées en Lituanie, Pologne et Slovaquie (+8,5%) ; 2) la plus forte réduction du chômage de longue durée (-2%, entre 1997 et 2004), a été relevée en Espagne, en Irlande, en Italie, en Lettonie, en Hongrie et en Finlande ; 3) les réformes ont rendu les marchés du travail plus efficaces (périodes de chômage plus courtes, emplois vacants pourvus plus rapidement) entre le milieu des années 80 et 2004, en particulier au Danemark, en Espagne, en Irlande, aux Pays-Bas, en Hongrie et au Royaume-Uni ;
4) en 2004, quelque 92 millions de personnes étaient inactives et 19 millions au chômage dans l'UE, les taux d'inactivité culminant dans les régions ayant un réservoir d'emplois limité ; 5) un groupe de « cinq grands » pays (France, Allemagne, Italie, Pologne et Espagne) continuent à souffrir de faiblesses structurelles telles que la limitation des mesures incitant les chômeurs à intégrer ou réintégrer le marché du travail ou les obstacles à leur réintégration. Cette situation est due en grande partie au retard dans la mise en œuvre des réformes nécessaires ou à l'introduction de réformes limitées ; 6) rien n'indique une aggravation des inégalités de revenus en Europe depuis les années 70 tandis qu'une telle tendance s'est manifestée aux Etats-Unis durant la même période. La situation n'est toutefois pas uniforme dans tous les Etats membres. Ainsi, certains pays, comme le Royaume-Uni, la Pologne et le Danemark, ont enregistré une augmentation des inégalités de revenus dans les années 90 alors que d'autres, comme la France, ont connu une tendance inverse ; 7) le nombre de femmes et de travailleurs âgés ayant un emploi a de nouveau augmenté (de respectivement 0,7% et 0,8% en 2004), mais ces chiffres restent inférieurs aux objectifs fixés par la stratégie de Lisbonne pour 2005. Le taux de chômage des jeunes (18,7%) est deux fois plus élevé que le taux de chômage total, mais le phénomène s'est ralenti en 2004. (Le rapport est disponible sur: http://www.europa.eu.int/comm/employment_social/emplweb/ news/news_fr.cfm?id=81).