Bruxelles, 19/10/2005 (Agence Europe) - Selon un rapport publié mardi par le CARIM (le Consortium euroméditerranéen pour la recherche appliquée sur les migrations internationales), entre 5 et 6,4 millions d'immigrés des pays méditerranéens d'Afrique du Nord et du Moyen-Orient (med-MENA) résident dans l'Union européenne, dont une majorité en Allemagne et en France. La plupart de ces immigrés proviennent de la Turquie, du Maroc et de l'Algérie. Les pays du Golfe persique et la Libye sont la seconde destination des immigrés, loin devant les Etats-Unis. Voici quelques résultats figurant dans le rapport et qui confirment que les pays med-MENA constituent une source importante d'émigration internationale. L'étude souligne aussi que l'immigration en provenance de ces pays tend à s'accélérer. Le rapport fait ressortir de grands écarts dans le comptage des populations immigrées entre pays d'origine et pays de destination, parce que les pays d'origine continuent à comptabiliser les immigrés de seconde génération dans leur population nationale.
Le Commissaire européen Franco Frattini considère ce rapport comme « très important car il donne un aperçu des politiques migratoires nationales dans la région méditerranéenne en 2005 et permet de mieux comprendre quels sont les liens entre migration et développement », au moment où l'Union européenne fait de la gestion des flux migratoires dans la région méditerranéenne, notamment pour empêcher des tragédies humanitaires, une de ses priorités. Ce rapport permettra à l'UE de voir comment renforcer la coopération avec les pays partenaires sur les côtes méditerranéennes, estime Franco Frattini, pour qui le rapport constitue « une étude complète de cette question et est le premier à en donner une perspective Sud-Nord et non l'inverse ». Le rapport contient également des conclusions intéressantes sur les taux d'immigration vers les pays med-MENA, des conclusions qui confirment celles de la Commission, à savoir que les pays med-MENA, tout en restant une source importante d'émigration, deviennent parallèlement une région de transit et de destination pour les migrants d'autres pays, notamment venant de l'Afrique subsaharienne. Ce qui signifierait que les pays med-MENA devront développer à l'avenir des politiques réglementant l'immigration en mettant l'accent non seulement sur la gestion de l'immigration clandestine, mais surtout sur la capacité de leur marché du travail d'absorber de nouveaux venus et sur celle du cadre normatif de protéger leurs droits.