Bruxelles, 19/10/2005 (Agence Europe) - Le Premier ministre belge Guy Verhofstadt a lancé mercredi un appel aux institutions européennes et aux Etats membres pour qu'ils donnent un « nouvel élan » à l'intégration européenne afin de sortir l'Union européenne de la « grave crise de confiance » dans laquelle elle se trouve depuis les « non » français et néerlandais sur la Constitution, crise aggravée par le blocage persistant sur les perspectives financières 2007-2013 et la perte de soutien des citoyens européens au projet européen. La Belgique fait partie des pays qui, « contrairement à ce qui semble être à la mode », veut aller de l'avant dans l'intégration européenne, « car nous avons besoin de plus d'Europe, pas de moins d'Europe » pour éviter que l'UE devienne une simple zone de libre-échange, a affirmé le 19 octobre M. Verhofstadt lors d'une réunion commune des commissions des affaires extérieures et européennes du Sénat et de la Chambre belges. « Ceux qui croient qu'on pourra sortir de l'actuelle crise de confiance en lançant de nouveaux projets intergouvernementaux se trompent », a-t-il averti. Pour reconquérir la confiance des citoyens, l'UE devra non seulement mieux communiquer sur certains « malentendus » (comme les coûts de l'Europe), mais surtout faire des « choix clairs » dans des domaines politiques clés qui intéressent au premier rang les citoyens: - la création d'un espace de justice, de liberté et de sécurité (en s'attaquant directement aux risques terroristes, la traite des êtres humains, la criminalité organisée, etc.) ; - la défense du modèle social européen. L'UE doit offrir des réponses aux problèmes de la mondialisation, y compris le « dumping social », en fixant des seuils minimaux et maximaux en matière fiscale et de protection sociale ; - la politique extérieure et de sécurité commune (PESC) et la politique de défense. Après la « débâcle » en Irak et la « honte » dans les Balkans, il est indispensable que l'UE se dote d'une PESC plus efficace et d'une politique de défense commune (« une véritable PESC est impossible sans défense commune »). L'idéal serait que ces projets soient réalisés à 25 ou, dans quelques années, à 27 ou 28. Cependant, « si cela ne devait pas être possible, alors la Belgique est favorable à ce que tous ceux qui sont prêts à avancer - une avant-garde - prennent les choses en main pour le faire ». Cela devra arriver « sur une base structurelle et non à la carte », comme c'est le cas pour l'euro.
M. Verhofstadt a aussi exprimé l'espoir que le processus de ratification parlementaire de la Constitution européenne puisse être achevé très bientôt en Belgique. Cela renforcera la « masse critique » en faveur du texte et enverra un « signal clair » que « un grand groupe d'Etats membres » est prêt à aller de l'avant avec l'intégration européenne. M. Verhofstadt s'est exprimé contre la tentation d'ouvrir le texte pour en retenir seulement quelques éléments (« pick and choose »). Le Premier ministre belge a aussi souligné l'importance de parvenir rapidement à un accord sur les perspectives financières 2007-2013, « car il ne s'agit pas seulement d'un cadre budgétaire, mais aussi des perspectives politiques » pour l'UE des prochaines années.