Bruxelles, 12/07/2005 (Agence Europe) - Le ministre britannique des Affaires étrangères et actuel président du Conseil de l'UE a plaidé mardi devant la commission des Affaires étrangères du PE en faveur d'une coopération renforcée dans la lutte contre le terrorisme - tout en mettant en garde contre une répression des libertés individuelles. M. Straw a notamment demandé aux députés européens de soutenir un projet visant à obliger les opérateurs de télécommunication à conserver et à donner accès aux données sur les appels téléphoniques et les échanges de courriers électroniques pendant douze mois. Les données conservées ne concerneraient pas le contenu des appels, mais uniquement l'heure exacte à laquelle ces appels ou e-mails ont été envoyés et à qui, a expliqué le ministre britannique. « Je comprends les inquiétudes » qui subsistent au PE et ailleurs au nom de la protection des libertés civiles - des libertés qui doivent être maintenues, car si nous établissions un Etat policier, « alors les terroristes auraient gagné ». Cependant, a estimé M. Straw, « dans toute démocratie, il faut trouver un équilibre entre les besoins de l'état de droit et les libertés civiles » et avec de « bonnes sauvegardes », les libertés civiles pourront être respectées. La question sera aussi discutée lors du Conseil extraordinaire des ministres de la Justice et des affaires intérieures qui aura lieu ce mercredi à Bruxelles.
Devant les députés, M. Straw a aussi évoqué des sujets de politique internationale, tels que: - la réforme du Conseil de sécurité de l'Onu. Sous présidence britannique, l'UE ne devrait pas parvenir à un consensus sur cette question en raison des divergences entre Etats membres. « Tout ce que nous pourrons faire sera de gérer le dossier », a dit M. Straw ; - le refus de la Russie de signer l'accord frontalier avec l'Estonie. Cette question sera sur la table du Conseil Affaires générales/Relations extérieures de lundi prochain (18 juillet), a annoncé M. Straw qui souhaite une solution rapide à ce problème. « Nous voulons de bonnes relations avec la Russie, mais nous voulons et devons aussi être solidaires avec nos pays membres baltiques », a dit M. Straw.