Bruxelles, 12/07/2005 (Agence Europe) - « Comme on pouvait s'y attendre, [l'étude de faisabilité de la Commission sur la contribution volontaire sur les billets d'avion] montre que l'impact est quasiment entièrement négatif », a déclaré dans un communiqué du 5 juillet, Mike Ambrose, Directeur général de l'ERA (European Regions Airline Association). Cette analyse, dont la Commission avait rapidement discuté le 15 juin dernier (EUROPE n°8971), a été présentée au Conseil Ecofin de ce mardi par le Commissaire chargé de la fiscalité, Laszlo Kovacs. Selon l'ERA, le rapport montre clairement que cette nouvelle taxe sur les passagers aggravera la compétitivité de l'UE, et elle attend de voir si les ministres des Finances de l'UE sauront « agir de façon responsable sur la base de cette information ».
L'ERA relève dans le rapport trois principaux effets: 1) Diminution de la demande de transport aérien. La Commission prévoit en effet un ralentissement de la croissance du transport aérien de passagers, (allant de -0,5% à -3% pour les vols intérieurs et de -1% à -4% pour les vols internationaux, selon le montant fixé pour la contribution), mais elle souligne que « même une réduction minime de la demande pourrait avoir un impact significatif sur la profitabilité des transporteurs aériens » ; 2) Effets préjudiciables pour l'emploi dans les régions et les pays périphériques. La Commission affirme que ces derniers pourraient être plus affectés, dans la mesure où ils sont plus dépendants de l'avion que des autres modes de transport ; 3) Détournement du tourisme vers des destinations hors UE.
Par conséquent, l'ERA s'oppose à l'instauration d'une telle taxe, et a déjà présenté au Commissaire en charge des Transports, Jacques Barrot, d'autres solutions pour aider les pays en développement, sans porter préjudice aux intérêts de l'aviation européenne (EUROPE n°8968). Il s'agirait entre autres: 1) de céder, dans des termes favorables aux pays en développement, des appareils parfaitement sûrs, mais qui ne sont plus autorisés à voler au-dessus des villes européennes, en raison du bruit ; 2) de fournir une formation au personnel, notamment pour les activités ayant un lien avec la sécurité ; 3) d'investir au niveau européen dans les services aériens, afin de renforcer la sécurité du transport aérien dans ces pays, mais aussi d'offrir plus de sécurité pour les compagnies européennes qui opèrent vers ces destinations.