Paris, 15/06/2005 (Agence Europe) - La Présidence luxembourgeoise du Conseil de l'UE a appelé lundi à réfléchir à la nécessité de ralentir les élargissements de l'Union, après les « non » français et néerlandais à la Constitution. « Nous devons désormais réfléchir à deux fois avant d'intégrer de nouveaux membres », a déclaré le ministre luxembourgeois de la Justice et de la Défense, Luc Frieden, à l'ouverture de la session plénière de l'Assemblée de l'UEO, le 13 juin à Paris. Estimant que des élargissements perçus comme « trop rapides », mal expliqués, étaient une des raisons des « non » à la Constitution, M. Frieden s'est demandé s'il ne fallait pas « ralentir la cadence ». Il a pris soin de préciser, toutefois, que ceci ne s'applique pas à la Roumanie et la Bulgarie, qui ont déjà signé leurs traités d'adhésion. Présent mardi matin à l'Assemblée de l'UEO, le président croate, Stjepan Mesic, a déclaré que malgré « les discussions institutionnelles entre les Etats membres de l'UE, le processus d'intégration ne peut pas s'arrêter, il n'y a pas d'autre option, d'autre voie. Nous devons remplir les conditions exigées, et adhérer ». M. Mesic estime que le débat au sein de l'UE « ne va certainement pas accélérer le processus (d'élargissement), mais ne va pas l'arrêter non plus ». Il a par ailleurs beaucoup insisté sur le fait que la Croatie avait tout intérêt à livrer le général fugitif Ante Gotovina au tribunal de La Haye, en ajoutant que si elle ne le fait pas, c'est parce qu'il n'est pas en Croatie. Intervenant elle aussi devant l'Assemblée, le Premier ministre d'Ukraine, Yulia Tymoshenko, a balayé l'idée que les rejets de la Constitution entravent le chemin de son pays vers l'Union. « Les « non » ne sont pas des « non » à l'Ukraine » (…). « Si nous commençons par des projets concrets, notamment dans la sécurité et l'économie, nous aurons la possibilité de mettre en place l'intégration par étapes », a-t-elle affirmé. Mme Tymoshenko a aussi déclaré que « il n'est un secret pour personne que les frontières de l'Ukraine ne sont pas dignes d'un pays civilisé: faute d'un équipement moderne, sa sécurité et celle de ses voisins sont menacées. Le gouvernement attache une attention particulière à cette question et il a passé des contrats avec un certain nombre de sociétés privées européennes, mais cela coûte cher et il conviendrait donc que le pays bénéficiât du soutien financier des grandes institutions européennes ».