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Bulletin Quotidien Europe N° 8969
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/conseil europeen/commission

Selon M. Barroso, ce Sommet « marquera un tournant » - Constitution: « se donner le temps de la réflexion » et le mettre à profit pour lancer un grand débat - Perspectives financières: la Commission accepte le compromis mais propose une « clause de rendez-vous » afin que l'UE « ne s'enferme pas » dans un cadre immuable jusqu'en 2013

Bruxelles, 15/06/2005 (Agence Europe) - Le Conseil européen des 16 et 17 juin « marquera un tournant dans la construction européenne »: après les « non » français et néerlandais à la Constitution européenne, l'UE est « plongée dans le doute », et il faut « redonner confiance aux citoyens » si on veut éviter « une crise durable, la paralysie ». C'est ce qu'a dit mercredi à la presse le président de la Commission européenne José Manuel Barroso qui, la veille du sommet de Bruxelles, a exhorté: transformons cette crise en « une opportunité, je crois vraiment qu'il y a les conditions pour le faire: nous avons l'occasion de montrer, à ceux qui craignent l'avenir, que l'Europe fonctionne ». Comment ? D'abord par un accord sur les perspectives financières 2007-2013, « malgré les difficultés qui restent à résoudre » et qui sont « sérieuses. « Ce n'est pas le moment de jouer la carte nationale, il faut défendre l'intérêt national, mais dans un esprit européen, et avoir le courage de le dire ! », s'est exclamé M. Barroso, pour qui « il vaut mieux avoir un accord maintenant », même s'il n'est « pas parfait », que pas d'accord du tout. Ce sera un accord « où chacun doit faire des sacrifices », et « nous, Commission, nous sommet prêts à faire des compromis pour avoir une décision » (voir plus loin), a-t-il assuré. La Commission, a indiqué M. Barroso, propose en même temps au Conseil européen « d'envisager une clause de rendez-vous, une clause de révision, par exemple pour le Conseil européen de fin 2008 », pour vérifier à ce moment-là, si, dans un monde en pleine mutation, « il faut changer de cap », et pour assurer que l'Europe « ne s'enferme pas » dès à présent dans un cadre immuable jusqu'en 2013.

Quant à la Constitution européenne, M. Barroso conseille la « prudence », en reconnaissant « l'effet de contamination, de domino » qu'ont dans d'autres Etats membres les rejets de la Constitution en France et aux Pays-Bas. M. Barroso appelle donc le Conseil européen à éviter deux solutions extrêmes (« abandonner la Constitution, ou faire comme si rien ne s'était passé »). « La prudence recommande que l'on envisage collectivement une période de réflexion, une pause », a-t-il estimé, en plaidant: « lorsqu'il n'y a pas de solution magique, la meilleure chose est de se donner le temps de la réflexion, et de l'assumer pleinement ». Au Sommet, il s'agira de voir, par exemple, ce que pensent des pays qui, comme le Luxembourg ou le Portugal, prévoient de tenir des référendums assez rapidement, a observé M. Barroso. En rappelant que même des députés très pro-européens et très favorables à la Constitution suggèrent une telle pause (voir autre nouvelle), M. Barroso demande de « ne pas se laisser enfermer dans l'impasse constitutionnelle », et annonce que la Commission préparera une « feuille de route stratégique sur l'avenir de l'UE »¸, afin de proposer des réponses aux « interrogations légitimes » des citoyens. Par exemple: comment définir le modèle social européen en l'adaptant à la mondialisation ? Quel type de croissance, quel type de protection pour l'Europe ? Quelles sont les frontières futures de l'Union ? Interrogé en particulier sur l'élargissement, M. Barroso a affirmé: nous devons maintenir les engagements pris, la Commission ne proposera pas de les changer, mais l'opinion publique a manifesté des inquiétudes, et récemment, « pour la première fois », les responsables politiques européens, tout en réaffirmant l'objectif général (l'ouverture aux pays éligibles), ont posé le problème de la « capacité d'absorption » de l'Union. Les parlements, les forces vives des Etats membres, les partenaires sociaux devront participer à cette réflexion, « qui peut prendre du temps », a indiqué M. Barroso. Et il a aussi annoncé que la Commission entend préciser les priorités déjà énoncées dans son programme, « pour les cibler plus nettement sur les demandes des citoyens: emploi, croissance, sécurité ». « Lançons collectivement une explication majeure », pour « combler le plus rapidement possible le fossé de compréhension » entre institutions et citoyens, a-t-il demandé.

A propos des perspectives financières, sur lesquelles la Commission a eu « une discussion très approfondie », M. Barroso a réagi ainsi aux dernières propositions de la Présidence luxembourgeoise: - cohésion. Nous sommes « sur la bonne voie », même si l'impératif de la solidarité « aurait justifié des niveaux plus élevés ». Cependant, il s'agit là d'une « injection substantielle de ressources » pour les régions mois développées, en particulier dans les nouveaux Etats membres ; - chèque britannique . « Nous ne sommes plus en 1984 », commente M. Barroso qui, tout en reconnaissant le « problème spécifique britannique », souligne: les nouveaux Etats membres sont « beaucoup, beaucoup plus pauvres, et je suis sûr que le gouvernement britannique reconnaît cette nouvelle situation ». Le fait d'accepter que le coût de l'élargissement doit être réparti « équitablement entre tous est une des clés de la solution », estime M. Barroso , qui ajoute aussitôt (à l'adresse, cette fois-ci, de la France: NdlR): « mais je ne trouverais pas anormal que la dépense agricole pour la Roumanie et la Bulgarie soit financée par l'enveloppe actuelle ». En somme, « tout le monde doit bouger, tous doivent donner quelque chose pour sortir tous gagnants » ; - « secteurs porteurs d'avenir ». Les chiffres proposés par la Présidence ne sont « pas suffisants » et ne permettront pas d'atteindre les objectifs que l'UE s'est fixés en termes de compétitivité et de stratégie de Lisbonne. Sans financement suffisant, les 3% du PIB pour la recherche, les 3 millions de places Erasmus, les 30 projets prioritaires pour les réseaux transeuropéens « seraient en danger », et la Commission devrait faire « des choix extrêmement difficiles », et « expliquer quels domaines doivent être sacrifiés », avertit M. Barroso ; - relations extérieures. M. Barroso exprime une certaine préoccupation notamment pour l'aide au développement. « Ce sera difficile de respecter nos engagements », craint-il.

Par ailleurs, M. Barroso a regretté que la Présidence n'ait pas retenu l'idée de la Commission de créer un Fonds d'ajustement pour la croissance, qui aurait dû permettre notamment d'aider à faire face aux conséquences d'éventuelles délocalisations. « C'est dommage, c'est dommage », se désole-t-il, en lançant: on nous enlève ainsi la possibilité de dire que « l'Europe n'est pas seulement là pour punir, mais qu'elle est là aussi pour aider ».

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