Bruxelles, 15/06/2005 (Agence Europe) - "Le Pacte de stabilité et de croissance reste très strict, on ne peut pas être loin des valeurs de référence" même après sa réforme, et les corrections qui doivent être apportées aux déficits excessifs doivent être "promptes", a affirmé Caio-Koch Weser, Président du Comité économique et financier (CEF) mardi devant la commission des affaires économiques et financières du Parlement européen.
Dans son introduction, M. Koch-Weser a évoqué l'amélioration de la gouvernance statistique, sur laquelle les ministres des Finances de l'UE ont adopté des conclusions la semaine dernière (EUROPE n° 8962), et l'intégration des marchés financiers. Le mémorandum d'entente sur la coopération en cas de crise financière entrera en vigueur en juillet et pour le printemps 2006, le CEF préparera une simulation de gestion de crise entre tous les acteurs parties à ce mémorandum -les gouverneurs de banques centrales, les superviseurs bancaires et, pour la première fois, les ministres des Finances - et poursuivra l'identification des politiques favorisant l'intégration des marchés financiers, a souligné M. Koch-Weser (EUROPE n° 8948). A propos de l'adoption de l'euro par les nouveaux Etats membres, il s'est félicité de l'entrée récente dans le mécanisme de change européen (MCE II) de Chypre, de Malte et de la Lettonie (EUROPE n° 8940), mais a prévenu qu'il ne s'agissait "pas d'une salle d'attente" vers la monnaie commune et qu'il y avait des critères à respecter. M. Koch-Weser a par ailleurs reconnu qu'il règne une « incertitude considérable » sur la reprise de l'économie européenne. « Les données récentes ne sont pas encourageantes: l'amélioration du marché du travail s'est arrêtée, il n'y a pas de signe d'amélioration sensible de la demande interne (…) mais à moyen terme les conditions pour un renforcement de la reprise sont en place », a-t-il estimé, en mettant en garde contre « un excès de pessimisme ».
Interrogé par Friedrich Hoppenstedt (PPE-DE, allemand) sur la stratégie des sept pays les plus industrialisés en vue de réduire les déséquilibres de l'économie mondiale, M. Koch-Weser a surtout rappelé qu'une plus grande flexibilité des monnaies était attendue de tous les pays asiatiques, "pas seulement en Chine". Sans surprise, M. Koch-Weser a marqué son désaccord avec Paolo Cirino Pomicino (PPE-DE, italien), qui a estimé que, dans l'application du Pacte de stabilité révisé, il faudrait se concentrer sur la réduction du déficit et laisser de côté la dette (particulièrement élevée en Italie) afin de ne pas pénaliser la croissance. Au socialiste luxembourgeois Robert Goebbels qui déplorait que le seul mot d'ordre du Comité économique et financier est d'appeler à des réformes structurelles alors que dans les pays qui ont réformé leur marché du travail, on trouve un nombre élevé d'emplois plus précaires, M. Koch-Weser a rappelé: la stratégie de Lisbonne n'est "pas un arbre de Noël" et il faut observer les résultats obtenus par les réformes à plus long terme. « Les réformes prennent du temps avant d'avoir des effets et certains pays souffrent de difficultés à court terme qui ne sont pas encore compensées par un gain à moyen terme », a-t-il ainsi observé. Le CEF continuera d'examiner les divergences de croissance entre Etats membres, a assuré M. Koch-Weser, en avertissant: « Si ces divergences deviennent plus importantes, alors il faudra aussi des réformes économiques plus rapides et plus importantes ». « Nous avons du travail à faire" à ce sujet, notamment dans le cadre de l'Eurogroupe, a reconnu M. Koch-Weser.