Bruxelles, 15/06/2005 (Agence Europe) - Alberto Gonzales, Attorney General (ministre de la Justice) des États-Unis, a indiqué mercredi à Bruxelles que « un accord a été trouvé » avec l'UE au sujet des passeports biométriques. Cet accord va dans le sens d'une interprétation plus souple de la législation américaine et « d'une période de temps supplémentaires » accordée aux partenaires pour se conformer à ces obligations. La législation américaine impose aux ressortissants de quinze États membres (les 15 anciens moins la Grèce plus la Slovénie) qui souhaitent se rendre aux États-Unis de disposer à partir du 26 octobre 2005 de passeports contenant des données biométriques (empreintes et photographies digitales). Alberto Gonzales n'a pas souhaité donner plus de détails, et a indiqué qu'il attendait une annonce officielle plus tard dans la journée. « Nous sommes plus en sécurité, nous ne sommes pas totalement en sécurité », a déclaré Alberto Gonzales à propos de la menace terroriste aux États-Unis. Il a insisté sur la nécessité de « renforcer la coopération » entre les États-Unis et l'UE, de « partager l'information dans les deux sens » tout en continuant à « protéger les droits à la vie privée des citoyens ». Et d'ajouter que, en matière de lutte contre le terrorisme, « nous ne pouvons pas réussir sans l'aide de l'Union européenne et la coopération avec elle ».
Interrogé sur la situation au centre de détention de Guantanamo Bay, Alberto Gonzales a indiqué que les États-Unis révisent constamment leurs méthodes qui, dit-il, respectent la Convention de Genève. « Nous voulons être efficaces », et lorsqu'il y a des « allégations » sur un mauvais traitement, « nous enquêtons », a-t-il ajouté. « Il appartient au Président de décider » quand le centre de détention sera fermé. À l'heure actuelle, environ 540 prisonniers issus de 40 pays seraient retenus à Guantanamo Bay.
La veille, Alberto Gonzales et Luc Frieden, ministre luxembourgeois de la Justice, avaient fait le bilan de la coopération judiciaire en matière pénale et de cybercriminalité entre Etats-Unis et UE. L'Attorney General a rencontré aussi Franco Frattini, Commissaire européen chargé de la justice et des affaires intérieures, et a souligné avec lui l'importance de l'information pour lutter efficacement contre le terrorisme. Lors de cette première visite à Bruxelles depuis sa prise de fonction il y a quatre mois, Alberto Gonzales a rencontré Javier Solana, Secrétaire général du Conseil et Haut représentant pour la PESC, Gijs de Vries, coordinateur de la politique anti-terroriste de l'Union et Neelie Kroes, Commissaire chargée de la concurrence. Il doit participer, à Sheffield, au G8 des ministres de l'Intérieur et de la Justice.