Bruxelles, 09/06/2005 (Agence Europe) - A l'initiative de la Présidence luxembourgeoise du Conseil de l'UE et de l'Organisation internationale du Travail (OIT), les ministres du Travail et des Affaires sociales de l'UE des 25 se sont réunis de manière informelle le jeudi 9 juin à Genève, sous la présidence de François Biltgen, et en présence du Commissaire aux affaires sociales Vladimir Spidla et des représentants de Bulgarie, Roumanie, Turquie et Croatie. La rencontre s'est déroulée dans le cadre de la 93ème session de la Conférence internationale du Travail, qui se tient jusqu'au 16 juin à Genève.
Informelle « Social »: collaboration UE/OIT et internationalisation de l'emploi
Lors de leur rencontre informelle, les ministres de l'UE des 25 ont discuté de la collaboration future de l'UE avec l'OIT, de l'internationalisation de l'emploi, de la gestion du changement et des restructurations d'entreprises. « Le renforcement de la dimension sociale de la mondialisation et la promotion du travail décent exigent une plus grande cohérence entre les actions menées par l'OIT, les institutions européennes, les Etats membres de l'UE, les partenaires sociaux et les autres organisations multilatérales », a déclaré Vladimir Spidla. Le Sommet des Nations Unies sur les objectifs du Millénaire, en septembre à New York, « devrait renforcer le rôle de l'emploi productif et du travail décent pour tous », car ils « apportent une contribution essentielle au développement durable et à l'éradication de la pauvreté », a souligné M. Spidla, pour qui « la politique extérieure de l'UE devrait mieux intégrer la gouvernance sociale, l'emploi et le travail décent ». A propos des restructurations, M. Spidla a indiqué que chaque année, 10% des entreprises européennes naissent ou disparaissent, et que chaque jour, dans chaque Etat membre, de 5 000 à 15 000 emplois sont créés ou supprimés. Pour contribuer à la création de nouvelles opportunités de travail décent en Europe, M. Spidla - qui attend beaucoup des « programmes nationaux de travail décent » proposés par l'OIT - a cité le « Forum européen des restructurations » (où sont représentés la Commission, le PE, les gouvernements, les pouvoirs publics locaux, les partenaires sociaux) ainsi que l'établissement, par les partenaires sociaux, de partenariats permettant de mieux anticiper et de gérer plus efficacement les restructurations.
Conférence annuelle de l'OIT: santé et sécurité au travail, l'emploi des jeunes,
conditions de travail dans l'industrie de la pêche
Jeudi, François Biltgen est intervenu en séance plénière de la Conférence annuelle qui rassemble quelque 4000 délégués parmi lesquels des chefs d'Etat, des ministres du Travail et des dirigeants d'organisations de travailleurs et d'employeurs provenant des 178 Etats membres de l'OIT. M. Biltgen et Juan Somavia (directeur général du BIT, le Bureau international du Travail qui est le secrétariat permanent de l'OIT) ont fait le point, lors d'une rencontre bilatérale, sur les différents sujets à l'ordre du jour: efforts pour éliminer le travail forcé au niveau mondial, tendances en matière de temps de travail, santé et la sécurité au travail, promotion de l'emploi des jeunes, situation des travailleurs dans les territoires arabes occupés, au Myanmar et ailleurs, et conditions de travail dans le secteur de la pêche.
Les participants ont par ailleurs examiné deux rapports de Juan Somavia, intitulés « Consolider les progrès et aller de l'avant » et « Une alliance mondiale contre le travail forcé ». Ce dernier rapport contient des chiffres extrêmement éloquents sur ce que Juan Somavia a défini « un fléau qui n'a pas sa place dans le monde moderne »: - 12,3 millions de personnes au moins sont victimes du travail forcé dans le monde - près de 10 millions de ces personnes victimes sont exploitées par un agent privé, dont 2,4 millions sont victimes de la traite des êtres humains ; - les gains réalisés avec le travail des femmes, des hommes et des enfants victimes de trafic sont de 32 milliards de dollars US, soit une moyenne de 13 000 dollars/an et par victime (première estimation mondiale); - l'Asie est la région où l'on trouve le plus grand nombre de travailleurs forcés (9,5 millions de personnes), contre 1,3 million en Amérique latine et dans les Caraïbes, 660.000 en Afrique subsaharienne, 260.000 au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, 360.000 dans les pays industrialisés et 210.000 dans les économies en transition.