Bruxelles, 24/07/2002 (Agence Europe) - Quel est le degré de « vertitude » de la Commission Prodi ? est la question à laquelle s'efforce de répondre un rapport conjoint, publié par le G8-Vert, regroupant pour l'occasion des organisations environnementales parmi les plus importantes (BirdLife International, Climate Action Network, Bureau Européen de l'Environnement, Friends of the Earth Europe, Friends of Nature International, Greenpeace, Fédération Européenne pour le Transport et l'Environnement et le WWF), sur les décisions en matière d'environnement du collège des Commissaires. L'idée est d'évaluer, en termes globalement positifs, neutres ou négatifs, l'action de la Commission et de ses Commissaires pris individuellement, à la fin de la première moitié de leur mandat (septembre 1999-juillet 2002). Ce rapport fait écho à l'évaluation à mi-parcours, intitulé « Combler le fossé qui sépare le discours de la réalité », à laquelle s'est livrée la Commission en présentant, en juin dernier, ses succès et ses réalisations par rapport aux objectifs qu'elle s'était fixés. Le rapport du G8-Vert analyse ainsi la plupart des propositions législatives émanant de la Commission européenne ainsi que les attitudes et les choix de chacun des Commissaires concernant les questions environnementales.
Parmi les succès que les ONG reconnaissent à la Commission figurent sa volonté de mener à bien les négociations sur le protocole de Kyoto sur les changements climatiques et les propositions courageuses de réforme de la Politique Agricole Commune (PAC) et de la Politique Commune de la Pêche (PCP). Les ONG considèrent ainsi l'action et les positions de Franz Fischler en général, et celles de Margot Wallström, Commissaire à l'environnement, les plus conformes aux exigences environnementales proclamées par le G8. L'élargissement offre également un motif de satisfaction aux organisations environnementales dans la mesure où aucune dérogation à l'acquis communautaire ou période de transition en matière d'environnement n'a été octroyée. Les points négatifs identifiés par le rapport demeurent nombreux, comme la responsabilité environnementale, la stratégie pour le développement durable et la politique des transports en général. La politique en matière de déchets a également été jugée plutôt négativement, en retrait même par rapport à la Commission précédente présidée par Jacques Santer. Enfin, certains domaines suscitent l'inquiétudes des ONG et permettent de cerner les différences de position au sein du collège. Loyola de Palacio, Commissaire au transport et à l'énergie, Philippe Busquin, Commissaire à la recherche et Erkki Liikanen, Commissaire en charge des entreprises et de la société de l'information, sont décrits dans le rapport comme ayant le plus souvent un impact négatif dans la prise en compte des intérêts environnementaux. D'après le rapport, c'est manifestement le cas dans des domaines comme la législation sur la protection de la nature et de l'air, ou sur les substances chimiques, retardée en raison de conflits internes, ou encore l'énergie nucléaire et les OGM, au sujet desquels les ONG relèvent le rôle décisif des pressions exercées par l'opinion publique. Par ailleurs, les ONG regrettent le recours, de plus en plus fréquent sous la Commission Prodi, aux accords volontaires et à l'autorégulation par les entreprises d'un secteur déterminé, notamment en ce qui concerne le PVC, le changement climatique ou des déchets.