login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 8262
Sommaire Publication complète Par article 30 / 39
INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/ceca

M.Frerichs se félicite de la poursuite de l'activité du Comité consultatif CECA dans le cadre du Comité économique et social - Exposés de deux témoins, M.Hellwig et M.Rabier, et de M.Gibellieri, dernier président du comité consultatif de la CECA - Intervention de Mme Ana Palacio

Bruxelles, 24/07/2002 (Agence Europe) - Lors de la cérémonie organisée mercredi au Comité économique et social européen à l'occasion de l'expiration du Traité CECA (voir EUROPE d'hier, p.11), le Président du Comité, Göke Frerichs, a souligné que "la Communauté européenne du charbon et de l'acier était aussi - contrairement à une idée fausse aujourd'hui très répandue - un projet éminemment politique". "Pour Robert Schuman comme pour Jean Monnet, qui avait conçu le projet, pour Konrad Adenauer et pour Alcide De Gasperi, pour Joseph Luns, pour Paul-Henri Spaak et pour Joseph Bech, qui l'ont spontanément approuvé et qui ont grandement contribué à sa réalisation, la CECA était - comme l'indiquait textuellement la déclaration Schuman- "la première étape de la Fédération européenne"", a rappelé M.Frerichs. Et il a ajouté: "Walter Hallstein (...) , qui fut l'un des pères du Traité CECA et du Traité CE, puis Président fondateur et de ce fait véritable initiateur de la Commission européenne, a répété à maintes reprises que la CEE et la CECA étaient à tous les égards des entités éminemment politiques: politiques de par leurs objectifs, politiques de par leurs organes, leurs procédures et leurs réalisations". Quant à l'avenir, M.Frerichs a affirmé que "nous avons de toute urgence besoin aujourd'hui de l'expérience" du Comité consultatif CECA "pour accompagner les mutations industrielles dans les pays d'Europe centrale et orientale" qui adhéreront bientôt à l'UE. Il s'est donc réjoui que (à l'initiative de la Commission européenne et en accord avec le Parlement européen et le Conseil) l'activité du Comité consultatif CECA puisse se poursuivre dans le cadre du Comité économique et social européen. "Nous souhaitons mettre à profit les cinquante années d'expérience de ce Comité pour innover, en instaurant une nouvelle forme de dialogue structuré et une approche globale des problèmes posés par les restructurations industrielles. Le Comité économique et social européen entend s'atteler avec enthousiasme et détermination à cette mission exaltante", a assuré M.Frerichs.

Quant au Président du Comité consultatif CECA Enrico Gibellieri, il a souligné: "Nous avons transformé nos industries pour que d'industries de guerre elles deviennent des industries de paix. J'espère que la Convention européenne qui réfléchit à l'avenir de l'Union européenne en tiendra compte ». M. Gibellieri est convaincu que l'héritage de la CECA « continuera à contribuer au processus européen et que la dimension sociale, qui est très importante, sera mise en valeur". Fritz Hellwig, ancien membre de la Haute Autorité de la CECA, a rappelé que, lorsqu'il était revenu de captivité de guerre d'Amérique du Nord au cours de l'été 1947, le débat sur l'avenir de la Ruhr, et sur le démantèlement des cartels acier et charbon allemands, était entamé. En constatant que, dès le début, "les objectifs politiques d'intégration étaient présents et que ces objectifs avaient marqué la Haute Autorité", M. Hellwig a aussi tenu à évoquer « l'accord d'association entre le Royaume-Uni et la CECA, qui n'était pas prévu dans le Traité de Paris mais qui a permis de rompre l'isolement britannique. Ce Conseil d'association était le premier pas en vue de régler le problème d'un Royaume-Uni resté en dehors de l'UE», a-t-il constaté. La CEE, a souligné aussi M. Hellwig, « a été portée sur les fonds baptismaux en 1958, mais avait été précédée d'une période de 6 ans d'existence CECA ».

Jacques René Rabier, l'un des plus anciens collaborateurs de Jean Monnet (à Paris de 1946 à 1952, puis à Luxembourg de 1953 à 1955), a souligné que "nous ne célébrons pas aujourd'hui la mort de la CECA, mais la naissance de la première "Communauté européenne", sans laquelle il n'y aurait aujourd'hui entre nos Etats, selon toute vraisemblance, que des coopérations intergouvernementales plus ou moins souples". A propos de la personnalité de Jean Monnet, "l'inspirateur de Robert Schuman", M.Rabier a relevé quatre traits: la passion de la paix entre les peuples", telle qu'elle apparaît notamment dans la Déclaration Schuman et dans le préambule du Traité CECA,"la stratégie de la confiance: vis-à-vis de ses interlocuteurs (Schuman, Adenauer par exemple), de ses collègues et de ses collaborateurs", "la persévérance: une seule idée à la fois, mais poursuivie sans relâche, en petit groupe, discrètement, jusqu'à ce qu'elle aboutisse à une réalisation" et, enfin, "l'ambitieuse modestie: Monnet ne recherchait pas le devant de la scène, mais l'influence sur les détenteurs du pouvoir et des honneurs y attachés". Dans son témoignage vivace et personnel, M.Rabier a évoqué ses souvenirs sur les débuts de la CECA à Luxembourg: "une administration légère, pas encore hiérarchisée, avec certaines unités dirigées par deux "directeurs" de nationalités différentes; un enthousiasme communicatif, qui n'était pas celui d'idéologues criant chaque matin "Europe, Europe!", mais d'hommes et de femmes de diverses origines nationales, culturelles, politiques, ayant conscience, pour la plupart, d'être engagés dans une grande aventure dont allait dépendre l'avenir de leurs nations et donc de leurs enfants...". Et, au sujet de ces premiers fonctionnaires européens, M.Rabier a fait une distinction, qui lui paraît toujours d'actualité, entre "ceux qui "se penchent sur leurs dossiers" (et il en faut) et ceux qui "se dressent sur les problèmes à résoudre", et il en faut

aussi, mais c'est plus rare. Il faut d'abord que l'exemple vienne d'en haut...".

« La nouvelle ministre des Affaires étrangères espagnole (et membre du présidium de la Convention européenne), Ana Palacio, qui s'exprimait "en tant que citoyenne européenne et non en tant que ministre, car j'ai été invitée à ce symposium avant d'être nommée à ce poste", a, en rappelant avoir fait ses classes au PE, souligné "la fascination exercée sur les jeunes de ma génération par des personnalités telles que Max Kohnstamm et Fritz Hellwig". L'Espagne est « viscéralement, profondément européenne (…). La citoyenneté européenne constitue l'une des contributions de l'Espagne, tout comme l'espace européen de liberté et de justice", a-t-elle dit. Et d'ajouter: "Au fil du temps, d'autres rejoindront l'esprit des pères fondateurs. Aujourd'hui, nous sommes à la croisée des chemins, à un tournant (…). La Convention sur l'avenir de l'UE est une véritable avancée européenne". Et, en disant qu'elle n'est « ni euro-angélique, ni europessimiste », elle a conclu: « nous devons avoir davantage confiance en nous ».

Sommaire

JOURNEE POLITIQUE
INFORMATIONS GENERALES
INTERPENETRATION ECONOMIQUE