Londres, 24/07/2002 (Agence Europe) - Dans un discours portant le titre "Reuniting Europe with its citizens: what role for the Convention?", prononcé le 22 juillet au Royal Institute of International Affairs à Londres, le Commissaire européen à la Justice et aux Affaires intérieures Antonio Vitorino, membre de la Convention, a souligné que, loin d'être un conclave d'initiés "parlant entre eux dans une "eurolangue" incompréhensible pour les citoyens", la Convention est "largement accessible". Les "cyniques" qui affirment que la Convention ne fait que du bavardage seront "déçus", estime M.Vitorino, qui remarque: "Prenez le mois dernier, juin, comme exemple. Les rencontres étaient-elles dominées par des discussions abstraites sur la théorie constitutionnelle? Je ne pense pas". Et il rappelle que la Convention avait abordé à cette occasion le fonctionnement de l'espace européen de liberté, sécurité et justice, qu'elle avait eu "une discussion réaliste" sur la manière d'améliorer l'implication des parlements nationaux dans la politique européenne, et qu'elle avait, lors d'une deuxième plénière, dialogué avec la société civile. Selon M.Vitorino, "le débat le plus important de la Convention qui pourrait apporter de très réels résultats en vue du rapprochement des citoyens des institutions, c'est la discussion sur la Charte des droits fondamentaux" et sur la question de savoir si elle doit être intégrée dans le traité et devenir juridiquement contraignante. Les citoyens sont peut-être indifférents lorsqu'on parle de questions institutionnelles et de procédures législatives, mais "ils sont certainement intéressés lorsqu'il s'agit de savoir quels sont leurs droits", a affirmé le Commissaire, en notant que la Charte, alors qu'elle n'est pas encore juridiquement contraignante, "est déjà invoquée par les citoyens, et les tribunaux s'y réfèrent déjà dans leurs décisions". La Charte a une importance "cruciale", elle est "l'élément fondamental qui lie les traités aux intérêts de chaque individu dans l'Union", et "si nous essayons de prétendre qu'elle n'est qu'une annexe facultative, nous nous privons nous-mêmes d'une puissante démonstration du fait que l'Europe est là pour le citoyen", a conclu Antonio Vitorino.