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Bulletin Quotidien Europe N° 8192
INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/bce

Le Conseil a adopté une recommandation sur la candidature de Lucas Papademos pour succéder à Christian Noyer à la vice-présidence de la BCE - la Belgique pose ses marques pour les prochaines nominations

Oviedo/Luxembourg, 15/04/2002 (Agence Europe) - Le Conseil Affaires générales a adopté lundi sans discussion une recommandation en faveur de la nomination du gouverneur de la Banque centrale grecque, Lucas Papademos, comme successeur du Français Christian Noyer à la vice-présidence de la Banque centrale européenne. Les ministres des Finances étaient parvenus samedi à un «accord général par consensus » sur le nom de M. Papademos, moins l'abstention de la Belgique dont le candidat, Paul de Grauwe, a été débouté, après deux heures de discussions au Conseil Ecofin informel à Oviedo.

La recommandation du Conseil sera à présent transmise au Conseil des gouverneurs de la BCE et au Parlement, puis sera adoptée « d'un commun accord » par les représentants des Etats membres au niveau des chefs d'Etat et de gouvernement, par procédure écrite. « La procédure doit aboutir en mai », avant la fin du mandat de Christian Noyer, a rappelé le président du Conseil, Rodrigo Rato. Le président de la Banque centrale européenne, Wim Duisenberg, a indiqué que le Conseil de la BCE pourrait déjà adopter sa position lors de sa réunion de jeudi prochain. Le Parlement européen pourrait entendre Lucas Papademos le 23 avril.

Le ministre belge des Finances, Didier Reynders, a commenté l'abstention de la Belgique lors du Conseil Ecofin en expliquant qu'en votant pour M. Papademos, la Belgique aurait dévalorisé la qualité de son candidat. Surtout, il a placé ses pions pour les prochaines nominations parmi les six membres du Directoire de la BCE, après le départ de M. Duisenberg et de Sirkka Hämäläinen en 2003. Deux équilibres doivent êtres pris en compte, a-t-il fait valoir: l'équilibre entre les gens venant du sérail des Banques centrales et les autres, et l'équilibre régional. « M. Noyer était le seul membre du Conseil provenant d'une autre origine qu'une banque centrale. Avec la solution qui est sur la table aujourd'hui, nous allons vers un système pratiquement de cooptation à l'intérieur de la Banque », a remarqué M. Reynders. Du point de vue de l'équilibre régional, après le départ de M. Duisenberg en juillet 2003, « le Benelux n'aura plus de représentant (…). La Belgique n'a pas de demande sur un nom ou un candidat, mais ce déséquilibre doit être pris en compte. », a insisté M. Reynders. Une remarque qui pourrait préoccuper l'Autriche, qui avait renoncé à présenter un candidat à la vice-présidence de la BCE en espérant que Gertrude Tumpel-Gugerell, gouverneur de la Banque centrale autrichienne, serait retenue pour la succession de Mme Hämäläinen. Le ministre autrichien Karl-Heinz Grasser s'est toutefois refusé à commenter la position belge, en soulignant que le débat ne sera ouvert que l'année prochaine. Rappelons que des successeurs devront être trouvés en 2003 pour Mme Hämäläinen, 2004 pour Eugenio Domingo Solans, 2005 pour Tommaso Padoa-Schioppa, 2006 pour Otmar Issing. Leur mandat sera de huit ans.

« Les deux candidats ont été considérés comme excellents par tous les ministres. A aucun moment, les discussions n'ont porté sur la nationalité des candidats », a assuré Rodrigo Rato à Oviedo. Le président de la BCE, Wim Duisenberg, s'est déclaré très satisfait, en soulignant que « la question nationale est un non-débat ». « Nous ne serons vraiment européens que le jour où nous cesserons de raisonner dans ces termes », a déclaré le gouverneur de la Bundesbank, Ernst Welteke. Le ministre grec de l'Economie, Nikolaos Christodoulakis, a estimé lui-aussi que « la nomination à la Banque centrale ne peut pas être une question nationale et le choix de M. Papademos n'a pas été une question nationale mais de compétence », tout en relevant que la nomination reflète indirectement les progrès faits par un pays pour répondre aux critères de convergence. Le ministre français de l'Economie et des Finances, Laurent Fabius, a remarqué pour sa part que « la décision prise en 1998 a été confirmée » et qu'il a « été acté que le remplaçant de Wim Duisenberg sera un Français ». En mai 1998, le Conseil européen avait convenu que le successeur de M. Duisenberg serait un Français, nommé pour une période de huit ans, et Jacques Chirac avait « informé le Conseil que le candidat français serait Jean-Claude Trichet », gouverneur de la Banque de France (qui doit encore être blanchi par la justice dans l'affaire du Crédit Lyonnais). Didier Reynders a dit à la presse qu'il ne contestait pas qu'il y ait eu un accord entre l'Allemagne et la France, mais que la Belgique ne se sentait pas engagée par cet accord.

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