Oviedo, 15/04/2002 (Agence Europe) - Lors du Conseil Ecofin informel d'Oviedo, les ministres européens de l'Economie et des Finances et les gouverneurs des banques centrales nationales et européenne ont invité le Comité économique et financier de l'UE à poursuivre la réflexion sur la coordination des systèmes de surveillance financière en Europe, sur la base des idées avancées par le président de la Banque centrale, Wim Duisenberg et d'une lettre commune des ministres britannique, Gordon Brown, et allemand, Hans Eichel (voir EUROPE du 13 avril, p.7). Le Comité devrait présenter un mandat pour la réunion du Conseil Ecofin de mai, a indiqué le président du Conseil, Rodrigo Rato, sans préciser quelles devront être les orientations de ce mandat: la création d'un régulateur européen unique, un système de régulation sous l'égide du système européen des Banques centrales ou de la Banque centrale européenne notamment. L'objectif est de donner davantage de clarté au « patchwork » de systèmes de régulation des Etats membres, notamment pour la surveillance de la banque et des assurances, a indiqué le Commissaire Frits Bolkestein. Jusqu'à présent, la ligne définie par le groupe d'experts dirigé par le vice-président de la Banque centrale néerlandaise Henk Brouwer sous l'égide du Comité économique et financier était qu'une harmonisation n'était pas nécessaire au niveau européen, une meilleure coordination étant suffisante. Les ministres Ecofin souhaitent toutefois poser leurs marques, avant que la Convention ne s'empare du débat, remarque-t-on à la Commission.
Lors du Conseil, la BCE a suggéré de développer le rôle de son comité de supervision, alors que l'Allemagne et le Royaume-Uni ont plaidé pour une coordination sous l'autorité du Conseil Ecofin et donc des ministres des Finances. Le ministre allemand Hans Eichel a toutefois tenté de minimiser ces divergences, mises en exergue par la presse allemande et britannique, en assurant qu'il « n'y a pas de confrontation » avec la Banque centrale. Il ne s'agit pas d'écarter la Banque centrale, mais d'utiliser pour les secteurs de la banque et de l'assurance, la méthode Lamfalussy développée pour les services financiers, a-t-il précisé. « La lettre Brown/Eichel constitue une contribution dans le contexte de l'article 105§5 du Traité, qui donne mandat au Système des banques centrales des Quinze de veiller aux bonnes pratiques de surveillance. La BCE poursuit le même objectif. Le Comité économique et financier prendra en compte les deux approches », a remarqué le président de la BCE, Wim Duisenberg.