Bruxelles, 15/04/2002 (Agence Europe) - Comme nous l'avons indiqué, à l'occasion de leurs réunions de jeudi et vendredi derniers, les Praesidia du Copa et du Cogeca ont demandé à la Commission européenne de mettre en œuvre, « dans les meilleurs délais », la clause de sauvegarde spéciale prévue à l'article 5 de l'accord du GATT afin de freiner les importations « massives », dans l'UE, de céréales des pays d'Europe centrale et orientale, surtout ukrainiennes. Ces organisations agricoles dénoncent notamment « la gestion à très court terme » de la Commission (surtout la suppression des 10 euros/tonne dans le calcul des droits à l'importation des céréales provenant de la Méditerranée, de la Mer noire et de la Baltique: voir notamment EUROPE du 13 octobre, p.12) qui « a largement contribué à perturber le marché en plein milieu de la campagne ».
Le Copa et le Cogeca, qui estiment que les conditions de déclenchement de la clause de sauvegarde spéciale sont réunies, demandent que soient calculés et appliqués des droits additionnels à l'importation de manière à garantir le respect du prix d'entrée fixé dans les accords du GATT (156 euros par tonne).
Ils demandent aussi à la Commission de réfléchir à la possibilité de prendre d'autres mesures de ce type dans le cadre de l'accord de partenariat et de coopération entre l'UE et l'Ukraine, qui date de février 1998. Compte tenu de la situation actuelle du secteur des céréales, les Praesidia du Copa et du Cogeca ont souligné aussi qu'ils ne pourraient accepter: - aucune nouvelle baisse du prix d'intervention des céréales (payé par l'UE), ni des majorations mensuelles, « car cela reviendrait à abaisser encore plus la préférence communautaire » ; - aucune baisse supplémentaire des revenus des producteurs de céréales.
Le Copa et le Cogeca rappellent que les prix « n'ont cessé de baisser », notamment à cause des importations de blé tendre dans l'UE qui, début avril, ont dépassé les 6,5 millions de tonnes, « ce qui représente une augmentation de 260% » par rapport à la moyenne de 1998 à 2000 (2,5 millions de tonnes). Lors du dernier Conseil Agriculture (voir EUROPE du 20 mars, p.7), le ministre français de l'Agriculture, François Patriat, avait attiré l'attention de ses collègues sur la situation « très inquiétante » du marché communautaire des céréales. Le Commissaire Franz Fischler avait indiqué qu'il faudrait en tirer les enseignements nécessaires lors de la révision à mi-parcours de la Pac, et avait expliqué que les raisons de ces difficultés « sont multiples » (et pas forcément liées à la suppression du supplément de taxe de 10 euros): prix très élevés à l'automne dans les zones déficitaires, récolte record en Ukraine qui a exporté « à tout va », « offre faible » et même « spéculation » sur le marché intérieur.