Strasbourg, 13/02/2002 (Agence Europe) - En adoptant jeudi le rapport de Rodi Kratsa-Tsagaropoulou (PPE-DE, Grèce: voir EUROPE du 30 janvier, p.17), le Parlement européen s'est prononcé pour la promotion des droits des femmes dans les pays méditerranéens et demande à la Commission de ne pas se limiter à la seule éducation et formation mais d'avoir une vision globale politique de cette problématique. « Il faut créer une zone de paix, de prospérité et de stabilité dans les pays méditerranéens (…). Les femmes sont appelées à jouer un rôle central dans l'installation d'une telle zone », a déclaré Mme Kratsa-Tsagaropoulou en présentant son rapport. Et elle a rappelé que "la BEI n'a pas de crédits pour le soutien aux activités des femmes », et estime qu'il faudrait « une BEI méditerranéenne qui disposerait de tels crédits, mais aussi créer une banque de données pour faire l'évaluation de la situation et tenir compte des problèmes des femmes, et spécialement des femmes migrantes".
Au cours du débat, Lone Dybkjaer (ELDR, Danemark) a fait affirmé qu'il faut « garantir que, lorsqu'on négocie des accords d'association, les femmes sont tenues en compte ». Quant à la radicale italienne Emma Bonino, elle a relevé une lacune de taille dans le rapport Kratsa-Tsagaropoulou, à savoir "l'Islam et sa manipulation politique du pouvoir établi": "il y a des femmes qui luttent dans ces pays pour une modernisation du Coran, et cela, nous ne le retrouvons pas dans le rapport", a-t-elle dit. Lui emboîtant le pas, Amalia Sartori (PPE-DE, Italie) a insisté sur la nécessité de "sortir ces femmes de leur situation culturelle et religieuse, qui ne respecte d'ailleurs ni les droits de l'homme ni ceux de la femme". Lissy Gröner (PSE, Allemagne) a rappelé les engagements de la Conférence de Pékin sur les droits des femmes, ainsi que certaines tendances négatives comme le fait que "dans certaines zones, 60% des femmes sont exclues de l'éducation, de soins de santé (notamment en ce qui concerne la procréation)… ou encore souffrent du commerce d'êtres humains". Se ralliant aux propos d'Emma Bonino, le conservateur britannique Roger Helmer a estimé qu'" il faut à l'avenir exercer des pressions énormes sur les sociétés pour leur faire comprendre qu'il y aura des conséquences si l'égalité entre hommes et femmes n'est pas garantie". Anna Diamantopoulou a annoncé aux députés que la Commission rédige un document indiquant des principes de base qui introduiront partout la protection des droits de la femme. Ce document devra recevoir l'assentiment des ministres des Affaires étrangères. "En 2003, nous voulons un programme avec des recommandations concrètes et des principes reconnus par tous. Nous en parlerons avec les parlementaires", a déclaré la Commissaire, en concluant: "Je suis convaincue que, même si on élabore des programmes éducatifs et si on prévoit des fonds, l'application de ce type de programmes ne sera un succès que s'il 'insère dans le droit international et la déclaration de Pékin".