Bruxelles, 04/02/2002 (Agence Europe) - La Présidence espagnole du Conseil de l'UE a finalement envoyé le 29 janvier au ministre israélien des Affaires étrangères une lettre pour protester contre la destruction d'infrastructures palestiniennes financées par les Quinze. Déjà évoquée avant le Conseil Affaires générales de lundi dernier (EUROPE du 24 janvier, p.5), la décision de protester officiellement, liste des destructions à l'appui, a été prise lors de ce Conseil (EUROPE du 28/29 janvier p.3). Dans cette lettre, Josep Piqué, le Président en exercice du Conseil Affaires générales, marque "le rejet ferme" par l'Union européenne "de ces opérations de destruction, qui, selon l'Union, sont sans proportion avec les besoins militaires, de sécurité ou de police". "La destruction d'infrastructures économiques et sociales importantes dans les territoires palestiniens entraîne de grandes souffrances, affaiblit l'Autorité palestinienne et contribue à l'instabilité politique", poursuit Josep Piqué.
La lettre de Josep Piqué à son homologue Shimon Peres s'ouvre sur un rappel du fait que, "dès le début du processus de paix", le gouvernement israélien a demandé à l'Union européenne et à ses Etats membres d'accroître l'aide économique apportée aux territoires palestiniens pour soutenir le processus de paix. Elle se conclut par un appel de l'Union européenne "à mettre un terme (de toute urgence) à ces pratiques et à respecter les efforts entrepris par la communauté internationale pour soutenir le développement d'une économie palestinienne stable et viable". L'Union européenne "se réserve le droit de donner un suivi adéquat à cette question", précise enfin Josep Piqué, en faisant écho aux conclusions du Conseil, mais sans mentionner là la question des compensations. La lettre est accompagnée de la liste détaillée et chiffrée des destructions occasionnées par les forces israéliennes sur des infrastructures palestiniennes qui ont bénéficié d'un financement européen (voir EUROPE du 24 janvier, p.5).
"Nous ferons de notre mieux pour ne pas endommager des infrastructures financées par l'Union européenne ou d'autres donateurs, mais il faut voir le contexte global et ne pas oublier qu'il y a une guerre contre la terreur dans les territoires palestiniens. Les destructions n'ont pas été faites pour le plaisir de le destruction mais pour lutter contre le terrorisme", explique-t-on à l'Ambassade d'Israël auprès de l'Union européenne, tout en soulignant que la lettre n'a pas encore été reçue. Selon le porte-parole de la mission, la liste elle-même n'est pas exacte. "Elle porte sur les investissements et pas sur les destructions, des projets comme l'aéroport de Gaza peuvent être rapidement réparés", assure un diplomate.