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Bulletin Quotidien Europe N° 8118
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/algerie

L'accord d'association a été paraphé - Espoirs de Romano Prodi et Abdelaziz Bouteflika

Bruxelles, 20/12/2001 (Agence Europe) - L'Algérie et l'Union européenne ont paraphé le 19 décembre le texte de l'accord d'association, au terme de quatre ans de négociations. Le président algérien Bouteflika ainsi que le président Prodi ont participé à la cérémonie qui devrait être suivie, vers la fin du premier trimestre 2002 par la signature formelle de l'accord.

«C'est un moment historique pour l'Algérie, le Maghreb et la Méditerranée », a affirmé le président algérien d'autant que l'Algérie, « via la France, a été signataire du Traité de Rome », tandis que pour le président Prodi, « c'est un signal fort d'amitié adressé par l'UE aux pays de la Méditerranée » (il a indiqué que le paraphe de l'accord avec le Liban aura lieu en janvier, et espéré que la Syrie suivra dans un délai rapproché, ce qui bouclerait la série d'accords d'association avec la région et redonnerait vigueur au processus de Barcelone). Le président de la Commission affirme qu'il « compte sur la Présidence espagnole pour une relance du processus ». S'adressant à son invité, il lui a rappelé l'engagement de tout boucler avant la fin de l'année; « notre volonté est accomplie et c'est le commencement d'une stratégie forte » et de soutien à l'Algérie dans ses efforts d'insertion dans l'économie mondiale et pour son admission à l'OMC, a-t-il ajouté. Cette adhésion est inéluctable, selon M. Bouteflika, en dépit des craintes soulevées dans son pays, en particulier dans les milieux industriels, relayées par la presse. « Chacun détermine ses intérêts en fonction des critères du moment et les circonstances nous imposent de nous engager dans ce cadre qui est à la fois euroméditerranéen et maghrébin », sachant qu'il y a des « pertes et des profits » pour l'Algérie, a dit le président. Il a par ailleurs fait part de son credo dans l'avenir des relations euro-magrhébines et de rapprochement entre Maghrébins. « Le Maghreb s'est jusqu'ici construit sur des bases de sentiments et de fraternité, le temps est venu de le rationaliser », a-t-il remarqué, ajoutant: « Nous voulons autant donner que recevoir. Le temps de l'Algérie vache laitière est révolu. On me comprend à Rabat et à Tunis ». Il a cependant répondu de façon évasive sur un ralliement de son pays au bloc de quatre pays (Maroc, Tunisie, Egypte et Jordanie) liés à l'UE et qui ont décidé de créer entre eux une zone de libre-échange «horizontale», tout en affirmant son refus de tout «préalable. Nous le ferons en temps utile, je dis bien en temps utile ».

L'Algérie avait réclamé au départ un accord du genre de ceux conçus pour les pays d'Europe de l'Est, mais a dû se résoudre à un accord similaire à ceux déjà signés par la Tunisie, le Maroc, la Jordanie et l'Egypte qui sont, chacun, adapté aux situations spécifiques, notamment quant au rythme de démantèlement tarifaire auquel s'engagent les pays de la rive sud au profit des exportations industrielles européennes (les flux dans l'autre sens sont déjà libres d'accès).

L'accord euro-algérien se distingue toutefois par l'introduction d'un thème nouveau - lutte contre le terrorisme et contre la criminalité organisée et la corruption - dont il n'était fait que mention pour le principe dans les autres accords. En même temps est inséré dans l'accord un important chapitre dans le domaine JAI (Justice et affaires intérieures) qui traite de la circulation des personnes, des procédures de délivrance de visas et des droits des migrants. Autre particularité, l'Algérie s'ouvre d'emblée à la coopération avec l'UE dans le domaine des services avec une clause de révision dans cinq ans, ne craignant pas, comme ses voisins, la concurrence européenne pour un secteur des services national en plein développement. Ces pays voisins avaient, eux, obtenu de ne commencer à discuter de l'éventualité d'ouvrir leurs marchés aux services européens que dans cinq ans. L'accord ouvre la voie à un régime d'échange réciproque de produits agricoles frais (légumes, huile d'olive, jus, vins dans un sens ; viandes, céréales, sucre, oléagineux notamment dans l'autre) et transformés qui ne sera libéralisé que graduellement.

Comme dans les autres accords euroméditerranéens, il est prévu d'engager un dialogue politique et d'engager une coopération économique, technique et financière et de créer des instituions communes (Conseil d'association, structures parlementaires et groupes de travail thématiques, en particulier dans le domaine social).

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