Bruxelles, 20/12/2001 (Agence Europe) - La Commission européenne a adopté jeudi deux documents de consultation et un plan d'action sur la préparation de ses services linguistiques en vue de l'élargissement. L'objectif est de préserver le multilinguisme grâce à la maîtrise des coûts, malgré l'arrivée prévue, à partir de 2004, d'un maximum de dix nouvelles langues. La Commission compte y parvenir grâce à diverses mesures de modernisation: amélioration de la planification et de la coordination entre les services, instauration d'un dialogue permanent entre les services linguistiques et leurs clients, meilleure utilisation du personnel d'appui, nouvelles technologies et ressources externes et réduction du travail de traduction pour les projets de documents. La Commission va maintenant engager des consultations avec les syndicats jusqu'à la mi-février sur tous les points qui, dans ces propositions, ont une incidence sur les conditions de travail, et elle se prononcera ensuite définitivement.
La Commission confirme que tous les documents législatifs ou réglementaires de portée générale continueront d'être traduits dans toutes les langues officielles avant d'être transmis aux autres institutions. Elle annonce aussi qu'elle étendra sa pratique interne actuelle - qui consiste à examiner les documents sur la base de trois versions linguistiques (« procédure orale ») ou davantage, lorsqu'elle y est légalement tenue - à la « procédure écrite » utilisée pour les documents plus techniques. Rappelons qu'une première mouture de projet de communication sur la simplification du processus linguistique recommandait d'utiliser une seule langue (l'anglais) lors de l'ouverture et de la fermeture de la procédure d'approbation des textes politiques importants par le collège des Commissaires. Cette version du texte avait été critiquée vigoureusement notamment par les gouvernements français et allemand (voir EUROPE du 14 août).
Par ailleurs, la Commission propose des pistes de réflexion pour améliorer la productivité des services linguistiques, tout en contrôlant la quantité de travail qui leur est demandée, et pour simplifier les méthodes de travail: - coordination des tâches d'interprétation: les demandes de dernière minute, qui obligent à passer des contrats coûteux avec des interprètes externes ou à annuler tardivement des réunions, « entraînent des frais importants », estime la Commission, qui propose donc, pour éviter ces coûts, de mettre en œuvre diverses mesures comme la désignation, dans chaque service, d'une personne chargée de la coordination avec le Service commun « interprétation-conférences » (SCIC), la définition de profils d'utilisateurs, qui permettraient au SCIC de mieux cerner les besoins pour chaque type de réunion, et l'utilisation de formulaires électroniques pour les demandes d'interprétation ; - méthodes de travail: grâce aux technologies informatiques, les secrétaires pourront passer des tâches purement mécaniques à l'édition et à la préparation des textes à traduire; au lieu de ne traduire que vers leur langue maternelle, certains traducteurs pourraient aussi travailler vers des « langues relais » (l'anglais, le français et l'allemand). De plus, des expériences de télétravail seront menées en 2002 ; - équilibre entre personnel interne et personnel externe: en matière de traduction, « il convient d'opérer une distinction entre les documents indispensables à l'exercice des missions de la Commission et ceux qui présentent un caractère moins fondamental », rappelle la Commission, ajoutant que le service de traduction « pourrait se donner pour objectif de porter de 20 % à 30 %, d'ici à 2005, le taux de recours aux traducteurs externes pour les documents qui ne sont pas considérés comme liés aux activités fondamentales de la Commission ». En ce qui concerne l'interprétation, une étude indépendante commandée par le SCIC a montré que la répartition la plus avantageuse entre interprètes fonctionnaires et interprètes indépendants était d'environ 50/50. Le SCIC s'efforcera donc de maintenir cet équilibre.
Toutes ces mesures devraient permettre à la Commission de limiter le nombre de recrutements supplémentaires nets requis pour faire face à l'élargissement. Dans le domaine de la traduction, les besoins (tant internes qu'externes) sont estimés à environ 110 personnes supplémentaires par nouvelle langue, au lieu de 165 si aucune mesure de rationalisation n'était prise. Dans le domaine de l'interprétation, l'étude conclut à la nécessité de recruter 40 nouveaux interprètes par langue, dont 20 fonctionnaires permanents, et 40 personnes, investies de fonctions administratives, pour l'ensemble du service, afin de lui apporter un soutien organisationnel.