Bruxelles, 20/12/2001 (Agence Europe) - Après une enquête approfondie, la Commission a décidé d'autoriser le leader allemand du sucre Südzucker à acquérir le deuxième groupe français du secteur, Saint Louis Sucre, sous certaines conditions. Lors d'une enquête préliminaire, la Commission européenne avait en effet constaté que l'opération aurait mené au renforcement de la position déjà dominante du sucrier allemand dans le sud du pays et en Belgique, tant pour le sucre industriel que pour le sucre de détail (voir EUROPE du 25 août, p.6). Ce secteur étant déjà fortement réglementé dans le cadre de la politique agricole commune, avec des quotas de production et des prix d'interventions (c'est-à-dire des prix minima), il était important, selon la Commission, de sauvegarder la concurrence qui subsiste, les clients étant très dépendants d'une nombre limité de fournisseurs. La Commission craignait plus particulièrement qu'en s'implantant fortement sur le marché français, Südzucker ne soit en mesure de dissuader les autres producteurs nationaux de lui faire concurrence dans le sud de l'Allemagne et en Belgique, en les menaçant de représailles en France et menant ainsi à un cloisonnement du marché européen du sucre. D'autre part, déjà en position dominante dans le sud de l'Allemagne et en Belgique ainsi qu'en situation de monopole en Autriche, Südzucker aurait pu renforcer davantage encore sa position sur l'Hexagone en proposant aux gros clients industriels des « accords de fourniture paneuropéens » en leur garantissant des livraisons transfrontalières - un type d'offres qu'elle aurait été la seule société à pouvoir faire. Afin de résoudre ces problèmes, Südzucker s'est engagé, d'une part, à céder sa participation majoritaire de 68% dans le sucrier belge Suikerfabriek van Veurne, ce qui réduira la production de sucre belge du groupe allemand d'environ 10% et, d'autre part, à mettre à la disposition d'un négociant indépendant du sud de l'Allemagne une quantité de 90.000 tonnes de sucre par an, permettant à ce dernier de devenir un concurrent effectif sur le marché dans cette région. La Commission a estimé que ces engagements suffiraient à contribuer à ouvrir le marché dans le sud de l'Allemagne et à améliorer la situation en Belgique.