login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 8092
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/avenir de l'europe

Devant le Sénat irlandais, M. Byrne décrit le saut qualitatif que la réforme institutionnelle devra permettre pour faire de l'Union une vraie démocratie reposant sur la souveraineté des peuples

Bruxelles, 15/11/2001 (Agence Europe) - Premier Commissaire irlandais à prendre la parole devant le Seanad Eireann, David Byrne a longuement plaidé mercredi pour une réforme institutionnelle en profondeur et une Constitution européenne. Evoquant à la fois « la crise actuelle de l'identité européenne et la désillusion croissante des Européens » ainsi que « l'immense opportunité politique » offerte par la réforme des institutions qui va être mise en chantier après 50 ans de construction européenne, le Commissaire a déclaré: « Notre succès ou notre échec sera d'une importance cruciale pour l'avenir de tous et de chacun d'entre nous, et plus particulièrement pour les générations futures». « Beaucoup de gens se demandent aujourd'hui ce à quoi sert l'Europe et où elle va », a constaté M. Byrne en affirmant que les responsables politiques doivent relever ce défi et saisir l'opportunité de proposer « une vision crédible pour l'avenir ».

« Les résultats du référendum (irlandais: NDLR) du 7 juin sur le Traité de Nice m'ont beaucoup déçu. Il a été un choc pour le reste de l'Union européenne mais plus particulièrement pour les pays candidats », a dit David Byrne avant d'ajouter: « J'ai toujours été convaincu que nous n'étions pas contre l'élargissement » et une récente enquête d'opinion le confirme tout en montrant que les raisons du non sont à rechercher dans un déficit d'information sur le Traité et le projet européen en général. « Nous devons nous efforcer de développer une Union souveraine qui soient entre les mains des gens, qui pourrait, à mon sens, prendre la forme d'une fédération d'Etats nations. Ce qui se traduira par des structures souples et démocratiques qui permettront une adaptation régulière sans devoir passer par le lourd processus de la Conférence intergouvernementale », a déclaré le Commissaire Byrne en insistant sur trois concepts qui forment la « boîte à outils » de l'Union européenne pour « développer une souveraineté populaire, une démocratie des peuples »: - la concurrence « pour stimuler » ; - la coopération « pour renforcer » ; - la solidarité « pour unifier ». Evoquant les missions de la future Convention, M. Byrne a souligné que la simplification des traités peut conduire à la rédaction d'une « Constitution pour l'Europe » et il a estimé que « Nous devons construire notre propre modèle constitutionnel, en établissant plus clairement qui est responsable de quoi et comment s'articulent les compétences des Etats membres et de la Communauté ». Et d'affirmer que cet exercice doit obligatoirement aboutir à un résultat compréhensible pour les citoyens. « J'estime personnellement qu'une fonction importante de la Convention sera de définir des instruments clairs, simples et permanents » permettant une adaptation rapide des traités aux nouveaux besoins, a dit David Byrne en évoquant « un accord sur un texte fondamental qui formera le socle constitutionnel de l'Union européenne ». Il a expliqué qu'il y aurait ainsi un texte fondamental qui ferait l'objet de procédures complètes de ratification alors que les textes secondaires pourraient être modifiés plus facilement. « Nous devons trouver le juste équilibre dans le partage des pouvoirs entre les Etats membres, qui reflètent les identités et les intérêts nationaux, et l'Union européenne, qui représente les intérêts communs de tous les Européens », a poursuivi le Commissaire en insistant sur le rôle essentiel de la Commission européenne dont il a rappelé l'utilité pour la défense de « l'intérêt public européen » mais aussi, dans certaines circonstances, des petits Etats membres. Il a aussi plaidé pour un renforcement des pouvoirs du Parlement européen, l'élection du président de la Commission, le renforcement de la méthode communautaire et une meilleure association des parlements nationaux à l'élaboration de la réglementation européenne. Concernant la répartition des compétences, le Commissaire a insisté sur la nécessité de préserver la flexibilité des traités et d'éviter des «listes négatives ou positives qui risquent de devenir rapidement obsolètes ». Et de conclure: « Le débat dans lequel nous nous engageons, au sujet de l'avenir de l'Union est vital pour chaque homme, femme, enfant ici en Irlande et partout dans l'Union. Tant que nous n'aurons pas réussi à façonner une Union qui mobilise notre imagination et réalise nos rêves, nous n'irons nulle part ».

Sommaire

JOURNEE POLITIQUE
INFORMATIONS GENERALES
INTERPENETRATION ECONOMIQUE