Strasbourg, 15/11/2001 (Agence Europe) - Le Parlement européen a adopté mercredi en première lecture le rapport de Georg Jarzembowski, sur l'ouverture à la concurrence des services portuaires, par 284 voix pour, 230 contre et 31 abstentions. Les principaux changements portent sur l'exclusion des services de pilotage de la proposition et sur la transparence des subventions versées aux ports européens.
Le pilotage, qui accompagne les navires à l'entrée et dans les ports, a été exclu sous la pression des députés français essentiellement, mais aussi de la gauche allemande, puisque Wilhelm Piecyk (PSE) ou Helmut Markov (GUE) notamment ont estimé durant les débats que ces services relevaient des tâches publiques de sécurité. Les parlementaires britanniques ne sont pas parvenus en revanche à faire passer des amendements qui auraient exclu les ports privés (comme c'est le cas pour la plupart des ports du Royaume-Uni) du champ de la directive. Dans une lettre adressée avant le vote aux parlementaires, par l'Association des armateurs européens (ECSA), l'organisation européenne pour le ré-acheminement et la logistique (CLECAT), le Conseil européen des chargeurs (ESC), l'UNICE et l'association des courtiers maritimes (ECSBA), les entreprises du secteur s'opposaient à l'exclusion des services de pilotage et de manutention de la directive.
Deux amendements de compromis proposés par le rapporteur et soutenus par le PPE, le PSE, les Verts et l'UEN, appellent par ailleurs la Commission à appliquer de manière stricte les règles existantes sur les aides d'Etat pour veiller au respect de la concurrence entre les ports et assurer la transparence des aides publiques. Une proposition à laquelle les parlementaires des pays méditerranéens étaient plus hostiles, et les députés des grands ports du nord plus favorables. En conclusion des débats, la Commissaire européenne aux transports, Loyola de Palacio, a "accepté sur le principe", cette revendication, tout en estimant qu'elle doit être clarifiée, notamment pour tracer une ligne plus claire entre ce qui relève d'une aide d'Etat pure et simple et ce qui constitue une aide à l'aménagement du territoire.