Bruxelles, 21/09/2001 (Agence Europe) - Le constat qui ressort de la dernière enquête « Flash Eurobaromètre » réalisée durant l'été sur les PME et l'euro est préoccupant, reconnaît la Commission européenne: en moyenne, 17% des entreprises européennes (mais 26% en Allemagne, 24 % au Portugal et en 20% France), essentiellement de petite taille, n'ont toujours pas conscience de la nécessité de se préparer à l'euro avant la date fatidique du 1er janvier 2002, et une PME sur cinq (23%), surtout en Allemagne, en Italie et en France, avoue qu'elle ne sera pas capable d'effectuer toutes ses opérations en euro au moment de l'introduction de la monnaie unique. De plus, le niveau général de préparation des PME européennes (mise en oeuvre d'un plan d'action détaillé, date de facturation en euros) progresse faiblement. Seul signe encourageant: les entreprises de taille moyenne se distinguent, puisqu'elles sont quasiment deux fois plus nombreuses qu'au printemps 2001 à être prêtes.
Les résultats de cette enquête révèlent que 56% des PME émettront leurs factures en euros à partir du 1er janvier. Les entreprises luxembourgeoises et néerlandaises semblent les plus à jour dans ce domaine puisque 36% et 27% respectivement ont déclaré qu'elles facturaient déjà en euro. Le nombre de PME dotées d'un plan d'action pour le passage à l'euro reste stable (28% ont un plan détaillé, et 33% un plan dans les grandes lignes). Le recensement des mesures concrètes prises par les PME pour se préparer permet de constater qu'elles sont plus nombreuses qu'auparavant à informer leur personnel ou à fixer leurs prix en euros. Cependant, 66 % des PME déclarent avoir déjà adapté leur système informatique, contre 71 % lors du dernier sondage en mars. En même temps, le niveau de confiance des chefs d'entreprise reste élevé: 59% ont tout à fait confiance dans leur capacité à réussir le passage à l'euro, et 33% ont "plutôt" confiance (soit un niveau global de confiance de 92%). Ceux qui expriment des doutes à cet égard ne représentent que 8% des PME interrogées.
« Il est impératif que toutes les entreprises européennes agissent avant qu'il ne soit trop tard. Le 31 décembre 2001 est une date ultime pour le passage à l'euro et c'est maintenant que les entreprises doivent prendre les mesures qu'impose le basculement vers l'euro», a déclaré le Commissaire Erkki Liikanen. « Les faibles progrès constatés ne sont guère encourageants, étant donné les efforts qui ont été réalisés par les Etats membres et par les associations professionnelles pour attirer l'attention des PME », a commenté le Commissaire Pedro Solbes, ajoutant: « Mais fixons-nous sur ce qui peut être fait au cours des prochains 103 jours ! Bon nombre de mesures prises cet été, comme par exemple le basculement en euros des comptes en banque, aideront certainement les PME à prendre conscience que l'euro est réellement là. Mais les Etats membres doivent encore faire un dernier effort pour encourager les petites entreprises, et tout particulièrement les petits commerçants, à se préparer pour la date limite du 1er janvier 2002 et éviter ainsi toute perturbation dans leurs affaires ».
Selon l'UNICE, « les scénarios du pire ne devraient pas se concrétiser »
Selon une enquête de l'UNICE, la plupart des entreprises auront pris les mesures nécessaires par satisfaire à leurs obligations légales résultant du passage à l'euro. Néanmoins, « il faut s'attendre à une certaine rupture dans les activités des entreprises, et surtout dans le commerce de détail, dans presque tous les pays. Les entreprises seront confrontées à une série de difficulté, telles que la logistique de double circulation, des problèmes de trésorerie, de nouvelles caisses enregistreuses », estime l'UNICE. Par ailleurs, un peu plus de la moitié des 14 fédérations de 14 Etats membres interrogées estiment élevée la charge du basculement, notamment en ce qui concerne les modifications à apporter aux systèmes informatiques, le traitement, le stockage et le transport des fonds, l'adaptation des caisses enregistreuses, le double affichage des prix pour toutes les marchandises. Dans les pays où le soutien du gouvernement est jugé approprié, les entreprises d'Allemagne, des Pays-Bas et de Belgique appellent à une aide financière (ou une déductibilité fiscale), alors que celles de Finlande ou d'Irlande recommandent à leurs autorités d'organiser des formations et des séminaires. En Espagne, les PME demandent que les phases de basculement soient simplifiées par la BCE. Les campagnes d'information sont jugées bonnes en Suède, en Autriche, aux Pays-Bas, en Irlande et au Luxembourg, grâce à des actions telles que des réunions entre tous les groupes de la société civile. En Espagne, en Irlande et en Italie, les consommateurs sont satisfaits des informations qu'ils reçoivent à la radio et à la télévision. En Allemagne, en Belgique et en Grèce, les campagnes publiques sont jugées médiocres. Elles auraient été retardées (par manque de moyens ou de coordination en Belgique), amenant par exemple les banques à servir de source première d'information en Allemagne et les fédérations d'entreprises à jouer ce rôle en Grèce. L'introduction de l'euro ne devrait pas exercer d'impact majeur sur la compétitivité des entreprises dans la plupart des pays. Au Royaume-Uni, les entreprises désireuses de conserver leur clientèle devront accepter les paiements en euros, avec le risque monétaire correspondant, « ce qui limitera leur compétitivité par rapport aux membres de la zone euro », écrit l'UNICE.