login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 8053
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/etats-unis/terrorisme

La déclaration adoptée à Washington suite à la visite de la Troïka annonce une lutte commune contre le terrorisme et une coopération concrète dans plusieurs domaines

Washington, 21/09/2001 (Agence Europe) - Comme nous l'avons indiqué, la rencontre ministérielle de la Troïka de l'UE - Louis Michel, Javier Solana, Chris Patten - avec le Secrétaire d'Etat Colin Powell, jeudi à Washington, après les attentats meurtriers du 11 septembre, a abouti à l'adoption d'une déclaration commune de l'UE et des Etats-Unis affirmant la détermination des partenaires transatlantiques de lutter ensemble et dans les fora internationaux contre le fléau du terrorisme , y compris par des mesures dans une série de domaines concrets (voir EUROPE d'hier, p.5, au sujet des suggestions des Commissaires Antonio Vitorino et Chris Patten).

Voici le texte intégral de la déclaration ministérielle UE/Etats-Unis sur la lutte contre le terrorisme: "Dans les prochains jours, semaines et mois, les Etats-Unis et l'Union européenne oeuvreront en partenariat au sein d'une vaste coalition pour combattre le mal du terrorisme. Nous agirons conjointement pour élargir et améliorer cette coopération au niveau mondial. Les responsables des récentes attaques doivent être trouvés et ils devront rendre compte de leurs actes. Nous mènerons un effort global, systématique et soutenu afin d'éliminer le terrorisme international - ses leaders, ses acteurs, ses réseaux. Ceux qui portent la responsabilité d'une aide, d'un soutien ou de l'accueil des auteurs, organisateurs et les commanditaires de ces actes devront en rendre compte. Suite aux événements du 11 septembre 2001, il est impératif que nous poursuivions le développement de mesures opérationnelles pour empêcher les terroristes d'agir.

Notre résolution reflète la force des liens entre les Etats-Unis et l'UE, nos valeurs communes et notre détermination de nous attaquer ensemble aux nouveaux défis auxquels nous faisons face. La nature de nos sociétés démocratiques rend impératif de protéger nos citoyens des actes terroristes, tout en protégeant en même temps leurs libertés individuelles, des procès réguliers et l'Etat de droit. Les Etats-Unis et l'UE sont résolus à développer les mesures, la législation et le respect de la sécurité. Nous oeuvrerons ensemble pour encourager une plus grande coopération dans les fora internationaux et une plus vaste application des instruments internationaux. Nous coopérerons aussi aux efforts au niveau mondial pour porter les auteurs d'attaques passées devant la justice et pour éliminer la capacité des terroristes de planifier et commettre des atrocités à l'avenir. Nous sommes convenus aujourd'hui que les Etats-Unis et l'UE poursuivront une vigoureuse coopération dans les domaines suivants afin de réduire la vulnérabilité de nos sociétés:

Sécurité de l'aviation et autres modes de transport

Coopération policière et judiciaire, y compris l'extradition

Interdiction du financement du terrorisme, y compris les sanctions financières

Interdiction des autres modes de soutien au terrorisme

Contrôle des exportations et non-prolifération

Contrôle aux frontières, y compris les questions concernant les visas et la sécurité des documents

Accès garanti par la loi aux informations et échange de données électroniques".

MM. Powell et Michel soulignent l'importance des consultations transatlantiques

Au-delà de la riposte immédiate qu'appellent les attentats du 11 septembre, les partenaires affichent donc une même volonté et détermination de susciter un effort décisif à tous les niveaux - interne, bilatéral, international - et sur tous les fronts, y compris politique, diplomatique, financier, législatif, judiciaire et policier, pour en venir à bout. Par ailleurs, l'espoir d'une reprise du processus de paix au Moyen-Orient les incite à « accélérer leur coopération » en la matière et à appeler de leurs voeux une rencontre « très prochaine » entre le ministre israélien des Affaires étrangères Shimon Peres et le chef de l'Autorité palestinienne Yasser Arafat.

La « campagne » sans précédent, à laquelle les partenaires transatlantiques viennent de donner le coup d'envoi et qui était au centre des travaux du Conseil européen ce vendredi, est une « campagne de longue haleine" qui sera menée de manière délibérée et décisive, et "nous ferons preuve de patience, mais aussi d'opiniâtreté (…), jusqu'à ce que nous parvenions au succès », a déclaré le Secrétaire d'Etat américain Colin Powell, durant la conférence de presse qui clôturait la rencontre avec la Troïka européenne. La discussion, à laquelle participait également la Conseillère pour les affaires de Sécurité Nationale Condoleezza Rice, était « très positive et nous nous sommes focalisés sur la manière dont l'Union peut oeuvrer avec les Etats-Unis, en combinant au mieux nos forces, pour lutter contre le terrorisme », a-t-il dit, en qualifiant l'atmosphère de « solidaire » et « résolue ». Selon lui, «la réponse sous-tendue de principes que l'Union a apportée aux attaques du 11 septembre et à notre appel à un effort mondial contre le terrorisme est tout simplement la dernière démonstration du fait qu'une Europe forte et unie est bonne, essentielle même pour les Etats-Unis, pour l'Europe et pour le monde ». La déclaration ministérielle témoigne de la « compréhension et de la solidarité totale entre l'Amérique et l'Europe », a renchéri Louis Michel, en indiquant que l'idée des Européens est que ce partenariat devait être « le noyau d'une réponse forte de la communauté internationale » face au terrorisme. « Le leadership euro-américain doit être basé sur des consultations permanentes, opportunes et globales à tous les niveaux » et « toutes les organisations internationales et l'ONU en particulier doivent s'engager dans cette entreprise », a-t-il ajouté. Interrogé sur les « différentes sensibilités » qui se font sentir parmi les Quinze quant aux modalités de la réponse à apporter aux attentats de la semaine dernière, le Président en exercice du Conseil a affirmé que « jusqu'à présent, les divers pays ont fait preuve d'une totale solidarité, et je n'ai senti aucune différence dans leurs déclarations ». « Vous verrez bien », a-t-il ajouté, « je pense que la solidarité est prête à aller bien plus loin que vous ne le pensez ».

Selon les Européens, l'entente transatlantique est aussi totale sur le fait que l'aspect militaire de la campagne est loin d'en être l'élément majeur et qu'il faut aussi identifier les racines du « mal » (y compris les problèmes sociaux, économiques), ses instruments (méthodes de recrutement, etc.) et soutiens (Etats, trafic de drogue, blanchiment d'argent, …), tout « en menant une réflexion sur les mesures de développement économique et diplomatiques qui doivent aller de pair avec le reste (…). Européens et Américains sont à cet égard en total accord », a indiqué pour sa part le porte-parole de la Commisison européenne.

Alors que la Troïka faisait route vers Bruxelles, M. Michel s'est élevé contre « l'opinion selon laquelle les Etats-Unis gèrent cette crise comme des cow-boys ». Elle « ne repose sur rien », a-t-il dit, certain que « l'approche du gouvernement américain est très nuancée et même sophistiquée - il en va plus que d'une campagne militaire ». Il n'a pas « l'impression que les Américains vont sauvagement utiliser la violence. Il n'y a pas d'improvisation », a-t-il dit, rassuré «en vérité, par la façon dont ils réagissent », en particulier le « fait que M.Powell et Mme Rice soient sur la même longueur d'ondes ». « Je peux comprendre que les Américains qui viennent de vivre une expérience traumatisante usent de termes (tels que guerre et croisade: NDLR) », a poursuivi M.Michel en ajoutant: « l'Europe n'entend pas leur emboîter le pas. Si l'Union s'engage fermement dans la lutte contre le terrorisme, elle doit faire usage d'une terminologie qui n'effraie pas l'opinion publique ».

Vendredi, un responsable américain confiait à EUROPE sa satisfaction face à la « réaction rapide de l'Union à nos efforts visant à construire une coalition mondiale contre le terrorisme ». « Cette coalition est en train de se former sur plusieurs fronts » et, « parallèlement à une planification conjointe », la coopération transatlantique renforcée « peut contribuer à démanteler les réseaux terroristes », a-t-on précisé de même source à Bruxelles.

Devant le Congrès, M. Bush a évité tout amalgame entre terrorisme et Islam

Tout en réaffirmant, jeudi devant le Congrès, la volonté des Etats-Unis de mener une lutte sans merci contre les terroristes et tout ceux qui les soutiennent, le président Bush a soigneusement évité tout amalgame: «Je veux aussi m'adresser directement, ce soir, aux musulmans à travers le monde. Nous respectons votre foi. Elle est pratiquée librement par plusieurs millions d'Américains (…). Ces enseignements sont bons et pacifiques (…). L'ennemi de l'Amérique ne sont pas nos nombreux amis musulmans. Ce ne sont pas nos amis arabes. Notre ennemi c'est un réseau extrémiste de terroristes et tous les gouvernements qui les supportent».

Sommaire

JOURNEE POLITIQUE
INFORMATIONS GENERALES
CALENDRIER
INTERPENETRATION ECONOMIQUE