Bruxelles, 21/09/2001 (Agence Europe) - La Commission européenne a finalement autorisé, sous condition, l'acquisition du contrôle en commun de Olivetti et de Telecom Italia par Pirelli et Edizione Holding. Plus spécifiquement, Pirelli va acquérir, en association avec Edizione Holding, la participation de Bell dans Olivetti, ce dernier étant actionnaire à 54,8% de l'opérateur italien de télécommunications Telecom Italia. L'opération s'effectuera pour moins de 7 milliards d'euros, après une renégociation du prix d'achat due à une dépréciation de l'action Olivetti à la Bourse de Milan (voir EUROPE d'hier, p.18). Mardi encore, la Commission, par la voix de la porte-parole du Commissaire Monti, Amelia Torres, ne faisait aucun commentaire au sujet de sa décision car elle n'était pas entièrement satisfaite des propositions présentées par les parties prenantes à l'opération pour exclure tout problème de concurrence, chose qui est maintenant acquise. Les sociétés ne devront donc pas subir une seconde phase d'examen, à condition toutefois qu'elles respectent certains engagements. Pirelli est principalement actif dans le domaine de la fabrication et de la commercialisation de pneumatiques ainsi que de câbles utilisés dans le secteur des télécommunications et pour la transmission d'électricité. Il exerce également des activités dans le secteur immobilier (gestion et vente). Edizione est une holding contrôlée par le groupe Benetton active dans plusieurs secteurs, allant du textile et le prêt-à-porter aux infrastructures routières et aux télécommunications, à l'immobilier, à l'agriculture et à la banque de marché. Edizione détient, par ailleurs, le contrôle d'Autostrade Telecomunicazioni et de l'opérateur Blu. Enfin, Olivetti est la société mère de Telecom Italia, l'opérateur historique italien de télécommunications qui détient TIM (Telecom Italia Mobile), le principal opérateur de téléphonie mobile du pays.
L'enquête de la Commission, effectuée en étroite collaboration avec l'autorité antitrust italienne, a mis en évidence de sérieux problèmes sur les marchés nationaux de la capacité de transmission et de la téléphonie mobile. Sur le premier marché, l'opération aurait éliminé le concurrent important Autostrade et donc renforcé la position dominante de Telecom Italia. La Commission craignait plus particulièrement une entente tacite entre Autostrade et Telecom Italia quant à une stratégie commune à l'égard de leur clientèle respective. Sur le second marché, dont la pénétration est difficile compte tenu pour les nouveaux venus d'obtenir une licence, la Commission estime que l'opération est susceptible de renforcer une position dominante de TIM, l'Italie ne comptant que deux autres opérateurs de téléphonie mobile de deuxième génération hormis TIM et Blu, à savoir Omnitel et Wind. Afin de lever ces préoccupations, Edizione s'est engagé à céder ses participations directes et indirectes dans le capital de Blu, condition qui garantira qu'Edizione n'est pas en mesure de contrôler deux des quatre opérateurs italiens de téléphonie mobile de deuxième génération. Sur le marché de la capacité de transmission, Edizione a promis de partager le contrôle, qu'elle détenait jusque là exclusivement, d'Autostrade Telecomunicazioni vers un ou plusieurs tiers indépendants, en ne conservant éventuellement qu'une participation minoritaire. Enfin, aucune concession n'a été exigée sur le marché des câbles de télécommunications vu la présence de concurrents importants tels que Corning, Alcatel et Lucent.