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Bulletin Quotidien Europe N° 8053
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) pe/taxe tobin

Certains députés craignent que le débat sur la taxe Tobin au Conseil Ecofin se solde par un jeu de faux-semblants avec les opinions publiques

Bruxelles, 21/09/2001 (Agence Europe) - A la veille de la réunion du Conseil informel Ecofin, un groupe d'une quarantaine de parlementaires européens (essentiellement PSE, GUE/NGL, V/ALE) et nationaux des 15 pays de l'Union, dont Harlem Désir (PSE, français) et Glyn Ford (PSE, britannique), ont signé un texte commun sur la taxe Tobin dans lequel ils s'interrogent sur ce que décideront les quinze ministres des Finances « dans le huis clos de leur rencontre ». Ils se demandent si le Conseil « choisira d'enliser la proposition en l'envoyant au FMI ou encore de se cacher, par un commode partage des rôles, derrière ceux des gouvernements qui ont d'ores et déjà annoncé qu'ils s'y opposeraient ».

Les députés suggèrent aux gouvernements qui se sont déclarés favorables à son principe de « porter cette proposition avec détermination lors du Conseil et, aux autres gouvernements, de reconsidérer leur position et de réaliser que, pour ne pas déplaire aux marchés, ils sont en train de s'isoler d'un nombre toujours plus grand de citoyens, d'élus, de responsables gouvernementaux en Europe et à l'échelle internationale ». Ils rappellent que le vice-Premier ministre de Suède Lena Hjelm-Wallen, le ministre des Affaires étrangères de Finlande Erkki Tuomioja, le Premier ministre indien Atal Behari Vajpayee, le président du Brésil Enrique Cardoso ont exprimé publiquement leur soutien à la taxe Tobin et que Lionel Jospin et Gerhard Schröder ont, de leur côté, « déclaré leur intérêt ou leur sympathie ». « Les gouvernements ne peuvent se contenter d'un discours ambigu consistant à saluer le principe tout en renvoyant son application aux calendes grecques, au nom des contraintes internationales », écrivent les parlementaires.

Pour surmonter les difficultés que susciterait la mise en oeuvre de cette taxe (déplacement du marché vers des centres off-shores, des paradis fiscaux, niveau trop faible pour être dissuasif en cas d'attaques massives contre une monnaie…), ils recommandent que les Quinze examinent des variantes et des mesures d'accompagnement comme celle du professeur Spahn, ancien consultant du FMI, qui propose une taxe à deux niveaux. Le premier, celui de la taxe Tobin classique, très bas, aurait une fonction fiscale et redistributive, tandis que le second niveau, déclenché lorsque le cours d'une monnaie sortirait d'une bande de fluctuation (type serpent monétaire) serait très élevé (de 40 ou 50 %) et gèlerait les opérations de revente de la monnaie attaquée. Ce « coupe-circuit » permettrait d'éviter l'effondrement d'une monnaie en une séance de panique. Les parlementaires rappellent aussi aux détracteurs de cet instrument que des taxes sont déjà perçues sur de nombreux marchés financiers dans le monde, en particulier sur les « marchés action », à Singapour: 0,2% ; Hong-Kong: 0,4% ; aux Etats-Unis: 0,0034% ; ou encore en France: 0,6% à 0,3 %.

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