Strasbourg, 13/06/2001 (Agence Europe) - Le Parlement européen s'est prononcé mercredi, en adoptant la résolution de la commission des affaires étrangères, pour un renforcement des relations avec les pays d'Asie, notamment sur la base de nouvelles propositions qu'il invite la Commission à présenter en préparation du Sommet ASEM IV, qui se tiendra en 2002 à Copenhague. Le radical Olivier Dupuis était à l'origine rapporteur: il a démissionné après un premier vote en commission, n'étant pas en mesure de soutenir le texte adopté par la majorité (31 voix pour, l contre et 3 abstentions), et la commission des Affaires étrangères a décidé de soumettre le texte au vote sous le nom de son président, le démocrate-chrétien allemand Elmar Brok L'exposé des motifs est complété par une « opinion minoritaire », où les parlementaires qui ne peuvent accepter le rapport précisent leurs réserves sur une politique communautaire en Asie qu'ils définissent « politique de dialogue critique sur les droits de l'homme » ou « politique chinoise », qui néglige le « reste » de l'Asie, qui comprend pourtant, en particulier un pays comme l'Inde, qui a presque autant d'habitants que la Chine et se fonde sur le principe de la primauté du droit.
La résolution formule une série d'exigences concernant: - les droits de l'homme. Les engagements qui les concernent doivent être inclus dans les principaux documents de l'ASEM, et une étude est préconisée sur le degré de respect des engagements déjà pris ; les pays qui ne respectent pas ces droits doivent être exclus des sommets, réunions ou programmes de l'UE; - la politique et la sécurité. Le PE souhaite la poursuite de la coopération en matière de contrôle des armes, non-prolifération, prévention des conflits et paix dans le monde. Dans ce contexte, l'adhésion de nouveaux membres tels que l'Inde (mais il faudrait aussi envisager l'extension à la Nouvelle-Zélande et à l'Australie) jouerait un rôle important. Le renforcement de la coopération parlementaire au sein de l'ASEM serait, selon le PE, la clef de voûte du dialogue politique; - la politique économique et sociale. Le PE plaide pour le développement du dialogue social, le renforcement du pilier économique du processus ASEM et des efforts plus substantiels pour réformer le cadre financier international afin d'éviter les crises du passé.
La Commission est d'accord avec le Parlement sur la nécessité de développer à la fois ces différents piliers de dialogue et de coopération, a confirmé Chris Patten, en constatant en outre que les réunions UE/ASEM auraient tout à gagner d'un ordre du jour moins chargé, laissant moins de place aux discours pour privilégier les discussions informelles et parfois bilatérales. La tendance croissante des pays d'Asie à inclure la société civile dans le processus est un facteur d'espoir. La Commission, a dit M. Patten, reviendra sur tous ces thèmes dans un document sur la stratégie de l'Union vis-à-vis de l'Asie, qu'elle présentera en juillet.