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Bulletin Quotidien Europe N° 7983
JOURNEE POLITIQUE / (eu) sommet de l'otan

Les Alliés européens et américains ont discuté à Bruxelles les nouvelles idées de Washington en matière de défense - Appui à la PESD

Bruxelles, 13/06/2001 (Agence Europe) - La réunion spéciale du Conseil de l'Atlantique Nord avec la participation de chefs d'Etat et de gouvernement, ce 13 juin au siège de l'Alliance atlantique à Bruxelles, a permis aux Alliés de discuter pendant quatre heures, avec le président Bush, sur la situation dans les Balkans, notamment en République de Macédoine, sur les questions d'ordre stratégique soulevées par le projet de défense antimissile américain, sur la poursuite de l'Initiative sur les capacités de défense (DCI), sur les relations avec l'Union européenne et avec la Russie et sur l'élargissement de l'Alliance. Dans ses remarques liminaires, Lord Robertson a placé ce "petit sommet" dans la lignée du sommet de Washington (d'avril 1999) et dans la perspective de celui prévu en automne 2002 à Prague. Tous les chefs d'Etat et de gouvernement des dix-neuf pays membres de l'OTAN, accompagnés de leurs ministres des Affaires étrangères, étaient à Bruxelles, ainsi que le Haut Représentant pour la PESC, Javier Solana.

La réunion a permis aux participants d'engager avec le président des Etats-Unis une discussion sur "la nouvelle pensée américaine concernant les nouveaux concepts de la dissuasion, sur l'environnement stratégique et sur les moyens de traiter des défis auxquels est confrontée l'OTAN d'aujourd'hui et de demain", y compris "les menaces non conventionnelles et asymétriques, la défense antimissile, les réductions des armes nucléaires, le juste "mélange" de forces offensives et défensives, la lutte contre la prolifération d'armes de destruction massive et la poursuite de la transformation des forces armées de l'OTAN", a affirmé Lord Roberson pendant le sommet. "L'OTAN s'est lancée dans un processus de réflexion majeur sur les défis auxquels nous sommes confrontés et sur la meilleure façon d'y répondre", et les Alliés se sont engagés dans un "processus de consultation continu, avant que des décisions ne soient prises, afin d'assurer que les intérêts de tous soient pris en considération (...) dans la formulation d'une approche commune de l'OTAN", a-t-il dit. En tant que Secrétaire général, a-t-il ajouté, mon "message personnel et urgent" est que "la crédibilité de l'OTAN dépend de ses capacités".

Les Dix-neuf ont salué les progrès de l'UE dans la définition de son propre rôle dans de futures activités de gestion de crises et pour l'établissement du Headline Goal (une force d'intervention rapide de 60.000 hommes), progrès qui répondent à l'appel de l'OTAN à ses membres afin qu'ils renforcent leurs capacités de défense dans le cadre de la DCI, a souligné Lord Robertson au cours d'une conférence de presse. Il a exprimé par ailleurs la satisfaction de l'Alliance d'avoir pu mettre fin à deux guerres dans les Balkans et aider deux millions de réfugiés à rentrer chez eux, soulignant que l'OTAN maintient 50.000 soldats dans la région (SFOR et KFOR) auxquels s'ajoutent 10.000 soldats de pays partenaires. Le président Bush a réaffirmé, selon le Secrétaire général, que "nous sommes entrés ensemble et nous sortirons ensemble" des Balkans. Lord Robertson s'est rendu lui-même, ce jeudi, à Skopje.

Le président Bush plaide à nouveau pour un "nouveau cadre de sécurité nucléaire" et
se dit satisfait des réactions des alliés

George W. Bush a plaidé à nouveau, au cours d'une conférence de presse à l'issue de la réunion, en faveur d'un "nouveau cadre de sécurité nucléaire". Le président des Etats-Unis a dit aux participants au sommet que le traité ABM, conclu à l'époque entre deux superpuissances rivales, "n'a plus de sens" et s'est déclaré satisfait des réactions ouvertes et constructives des Alliés, en notant chez eux une "nouvelle réceptivité" concernant la défense antimissile (MD), qui devra faire partie de ce nouveau "cadre". Les Etats-Unis ne demandent pas aux Alliés de s'engager dans un système déterminé, ils leur demandent plutôt de "penser différemment" le monde de l'après-guerre froide, a-t-il dit. Selon lui, les Européens ont compris "la logique" derrière les propositions américaines. J'en parlerai samedi au président Poutine, a-t-il dit, en estimant qu'au fond il s'agit d'une double approche: consulter sur les armes défensives et agir sur les armes offensives "plutôt que d'attendre de négociations sans fin" (il faisait allusion aux réductions unilatérales proposées dans son discours du 1er mai).

Le président Bush, par ailleurs, s'est prononcé clairement en faveur de l'élargissement de l'Alliance, "sans lignes rouges ou veto venant de l'extérieur". "Nous devons renforcer notre Alliance, moderniser nos forces et nous préparer à de nouveaux défis. Nous devons étendre la coopération avec nos partenaires, y compris la Russie et l'Ukraine. Et nous devons tendre la main (...) à de nouveaux membres, afin de créer la sécurité pour toute l'Europe", a dit M. Bush lors du sommet.

Chirac: nécessité de préserver les équilibres stratégiques existants

Le président français Jacques Chirac, dans son intervention au sommet, a souligné que "les progrès de la Défense européenne sont irréversibles car ils participent du mouvement général et profond de la construction européenne. L'avènement d'une Union européenne occupant pleinement sa place sur la scène internationale est inscrit dans le cours de l'histoire (…). Parallèlement, le lien transatlantique reste indispensable, car il est le fondement de la défense collective". Quant au "débat sur les nouvelles conditions de l'équilibre stratégique", M. Chirac a affirmé la nécessité de: - "préserver les équilibres stratégiques" ("le traité ABM en est un pilier", a-t-il souligné); - relancer la lutte contre la prolifération, quelle que soit la suite donnée au projet antimissile (voir la page suivante).

Au cours du sommet, le chancelier Schröder a souhaité en particulier qu'on associe de manière adéquate aux opérations de paix de l'UE les alliés européens non membres de l'Union (au sujet du problème turc, selon l'agence Lusa, le ministre portugais Jaime Gama avait, lundi à Luxembourg, appelé la Turquie à "ne pas faire d'obstruction politique à ce qu'est un objectif essentiel de l'affirmation de l'Europe". Si elle continuait à le faire, il faudrait, selon lui, tirer des conséquences "quant aux négociations dans d'autres cadres...", car un pays ne peut pas demander d'adhérer à une organisation "et essayer en même temps d'entraver un des objectifs centraux de cette organisation").

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