Bruxelles, 29/03/2001 (Agence Europe) - Les groupes sidérurgiques Aceralia (Espagne), Usinor (France) et Arbed (Luxembourg) ont reporté à mai prochain - au lieu de fin mars - le dépôt officiel du dossier de leur projet de fusion devant les services de la concurrence de la Commission européenne.
Les raisons de ce report seraient liées aux négociations menées par les trois partenaires à propos des désinvestissements qu'ils devront faire pour ne pas tomber sous le coup d'accusations pour entrave à la concurrence. Rappelons que Aceralia, Usinor et Arbed ont annoncé en février vouloir fusionner l'ensemble de leurs activités à l'automne 2001 (voir EUROPE des 19-20 février, p.18). Cette fusion, réalisée par échanges d'actions, donnerait naissance au premier groupe sidérurgique mondial. Celui-ci, baptisé provisoirement NewCo, emploiera plus de 110.000 salariés avec un chiffres d'affaires estimé à près de 30 milliards d'euros.
Après l'annonce du projet de fusion, les trois partenaires avaient annoncé être "prêts à accepter des cessions" pour obtenir le feu vert de la Commission européenne et le Pdg d'Usinor, Francis Mer, s'était montré confiant en déclarant: "Nous ne pensons pas que la Commission européenne mette des obstacles injustifiés à cette opération qui renforce l'Europe. Nous savons quels seront les sujets où il y aura des discussions".
Présentant les résultats de son groupe pour l'exercice 2000, le 27 mars, Fernand Wagner, Président de l'Arbed, a par ailleurs indiqué que NewCo devrait cibler le marché des Etats-Unis en l'absence d'opportunités en Europe. Pressentant des difficultés à cet égard, M. Wagner a mis en garde l'administration Bush contre toute velléité protectionniste, "car cela pourrait créer des problèmes d'un point de vue commercial". Il a indiqué qu'aucune décision n'a encore été prise concernant la cotation en bourse de NewCo aux Etats-Unis, soulignant que les trois partenaires attendront la décision de la Commission européenne prévue en octobre. "Nous verrons en temps opportun ce que nous aurons à désinvestir", a-t-il déclaré. Selon lui, les opérations de fusion devraient être terminées à la fin de l'année de manière à ce que la nouvelle société soit opérationnelle à 100 % dès janvier 2002.