Bruxelles, 29/03/2001 (Agence Europe) - Des avancées considérables - dans la substance, mais aussi en termes de clôtures de chapitres - ont été faites jeudi au cours des négociations d'adhésion avec un premier groupe de six pays candidats. "Nous sommes en bonne voie pour réussir le programme ambitieux que nous nous étions fixé pour cette priorité de la Présidence suédoise", s'est félicité l'ambassadeur suédois Gunnar Lund à l'issue de ces négociations, tout en rappelant que des questions difficiles, dont la libre circulation des travailleurs, devaient encore être traitées. Ces avancées devraient permettre "de donner de la substance aux orientations pour la phase de conclusion des négociations" qui sera à l'ordre du jour du Sommet de Göteborg. Par contre, on ne sait pas encore quelle sera la forme de ces orientations, a ajouté l'ambassadeur. Interrogé sur le fait que le même nombre de chapitre n'ait pu être clos pour tous les pays (la Pologne n'en a ouvert que 15). M. Lund a répondu qu'il s'agissait effectivement d'un "avertissement, mais pas seulement pour la Pologne, c'est un avertissement signifiant qu'il faut accélérer, dans cette compétition on voit des progrès très importants pour des pays comme la Slovénie, alors que d'autres semblent avancer à un rythme un peu moins impressionnant". M. Lund a particulièrement insisté sur l'importance des avancées dans deux domaines, le marché intérieur - qui est "la substance même de l'adhésion à l'UE" -, et l'environnement - la clôture provisoire du chapitre avec la Slovénie est "un grand pas en avant, une percée même.
Voici l'essentiel des résultats:
la Hongrie a clos trois chapitres: droit des sociétés, libre circulation des biens, libre prestation de services (18 chapitres clos au total). Endre Juhasz, le négociateur en chef hongrois, s'est dit satisfait. Grâce à l'impulsion donnée par le Sommet de Nice, "nous sommes désormais entrés dans une nouvelle phase", où les deux côtés font preuve d'une volonté de plus en plus forte de trouver des compromis. M. Juhasz espère encore des progrès supplémentaires sous présidence suédoise, notamment sur l'environnement, la libre circulation des personnes et sur le droit des sociétés. Tout se passe conformément au calendrier contenu dans la feuille de route de l'UE, et même la « target date » de la Hongrie (adhésion en 2003) reste faisable, a dit M. Juhasz, même s'il admet que l'adhésion est plus probable en 2004. Sur la libre circulation des personnes, il a réitéré sa demande d'une solution « individualisée » pour la Hongrie;
la Pologne a achevé les négociations sur la « libre circulation des biens » et l'« union douanière », faisant monter à 15 le nombre total de chapitres clos. Jan Kulakowski, le négociateur en chef polonais, s'est dit satisfait, soulignant que « c'est la moitié des chapitres, mais pas la moitié des difficultés » qui sont résolus. Il espère clôturer d'autres chapitres sous présidence suédoise, et indique que Varsovie a décidé jeudi de revoir ses positions dans les domaines sensibles de l'environnement et de la fiscalité ;
la République tchèque a clos deux chapitres supplémentaires (libre prestation de services, droit des sociétés), et poursuivi les négociations sur l'énergie. Ainsi, le nombre total de chapitres clos est désormais de 15 sur un total de 31. Pavel Telicka, le négociateur tchèque, a estimé que des « progrès significatifs » sont possibles dans les prochaines semaines et mois, y compris sur l'environnement, la politique sociale, la libre circulation des capitaux, la culture/audiovisuel, la politique fiscale et le contrôle financier ;
Chypre a complété le chapitre « libre circulation des capitaux », ce qui porte à 18 les chapitres clôturés. George Vassiliou, le négociateur en chef chypriote, est particulièrement satisfait de l'accord obtenu sur les capitaux. D'une part, parce que l'UE a finalement accepté que Chypre pourra restreindre ou interdire l'acquisition de résidences secondaires et de vacances par des citoyens de l'UE non-résidents à Chypre, pendant une période transitoire de 5 ans après l'adhésion (Chypre avait d'abord demandé une période transitoire de 8 ans, mais 5 ans sont « parfaitement acceptables », a-t-il dit). D'autre part, parce que la clôture du chapitre sur la libre circulation des capitaux « envoie un signal clair selon lequel Chypre n'est pas un pays où se pratique le blanchiment d'argent" M. Vassiliou a aussi fait état d'un « accord à 99% » sur le chapitre des transports ;
la Slovénie a terminé les négociations sur 4 chapitres - environnement, libre circulation des capitaux, énergie, libre circulation des biens - et a ainsi clôturé 18 chapitres. Janez Potocnik, le négociateur en chef slovène, a parlé d'une « percée » dans les négociations, et a souligné que la Slovénie, avec ses 18 chapitres, est en tête du peloton des candidats (ensemble avec Chypre), et aussi le premier des douze candidats à avoir pu fermer le chapitre de l'environnement.
Malte a clos un chapitre (contrôle financier), ce qui porte à 13 les chapitres clôturés.
Ce vendredi, les négociations se poursuivront avec les autres six pays candidats restants, à savoir: Slovaquie, Bulgarie, Roumanie, Lettonie, Lituanie, Estonie.
Chypre: confirmation de la volonté d'être dans la première vague d'adhésion
Le porte-parole du gouvernement chypriote, Michalis Papapetrou, a dit que Chypre espère avoir clôturé 22 à 23 chapitres de négociation d'ici la fin de la Présidence suédoise, dont: - les transports, y compris le transport maritime (M. Papapetrou a dit que c'est "une question de jours; il ne reste plus qu'à formaliser l'accord); - les services; - l'environnement; - l'agriculture. "Nous espérons clore tous les chapitres avant la fin de la Présidence belge", a dit le porte-parole du gouvernement chypriote en réaffirmant la volonté de Chypre d'appartenir à la première vague d'adhésion à l'UE, et aussi de rejoindre la zone euro et l'Espace Schengen. Il a expliqué à des journalistes que son pays, qui sera un contributeur net, ne comprendrait pas qu'en dépit de l'effort réalisé (il a dit que le coût de l'intégration de l'acquis communautaire serait égal au budget annuel de l'Etat chypriote), il ne puisse pas entrer dans l'Union pour de simples motifs politiques alors qu'il en remplirait les critères.