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Bulletin Quotidien Europe N° 7935
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/amerique latine

Le Groupe de Rio, le Mercosur, le Chili et la Bolivie, et la Communauté andine, ont réitéré leurs demandes à l'UE lors de la rencontre ministérielle de Santiago

Santiago du Chili, 29/03/2001 (Agence Europe) - Les réunions ministérielles entre l'UE, le Groupe de Rio représentant 12 pays latino-américains, le Mercosur, le Chili et la Bolivie ainsi qu'avec la Communauté andine se sont déroulés mercredi à Santiago du Chili dans une atmosphère marquée par une certaine amertume des Latino-américains devant le manque d'intérêt que l'UE semble leur accorder. Plusieurs diplomates remarquaient en marge de la réunion que les Quinze n'étaient représentés au niveau ministériel que par la présidente en exercice du Conseil, la ministre des Affaires étrangères suédoise, Anna Lindh, et son homologue belge, Louis Michel, ainsi que le Commissaire Chris Patten. A un mois de la réunion du Sommet des Amériques qui devrait relancer le projet de zone de libre-échange sur l'ensemble du continent américain, les Européens ne paraissent pas avoir convaincu l'Amérique latine de leur volonté de conclure rapidement les accords de libre-échange avec le Mercosur et le Chili en cours de négociation. "Ce serait une erreur d'obliger les pays latino-américains à se tourner vers les Etats-Unis", a déclaré à l'agence EFE le ministre mexicain des Affaires étrangères, Jorge Castañeda. "Nous sommes fatigués des belles déclarations sur l'amitié, si nous n'avons pas l'assurance qu'elles se traduiront concrètement", a déclaré le premier ministre péruvien, Javier Perez de Cuellar à l'agence Reuters.

La déclaration UE/Groupe de Rio adoptée à l'issue de la réunion indique que "les ministres ont convenu de faire les efforts nécessaires pour parvenir à conclure les négociations (avec le Mercosur et le Chili) le plus tôt possible". Les pays andins ont fait pression de leur côté pour que l'étude qu'ils réclament depuis deux ans sur l'avenir des relations commerciales soit terminée avant le Sommet de Madrid. Les parties ont plaidé en outre pour que les négociations multilatérales sur l'agriculture et les services progressent rapidement, ainsi que pour le lancement d'un nouveau round global lors de la réunion ministérielle de l'OMC au Qatar (en soulignant la nécessité d'assurer la transparence des travaux préparatoires de cette réunion).

Les trois déclarations conjointes adoptées à l'issue des travaux font le point sur la préparation du deuxième Sommet UE/Amérique latine qui se tiendra à Madrid les 17 et 18 mai 2002 (Les déclarations seront publiées prochainement dans notre série EUROPE/Documents). Elles réitèrent l'engagement des parties à respecter les droits de l'homme, l'Etat de droit et les principes de "bonne gouvernance". Les trois réunions ministérielles se sont concentrées en outre sur des questions spécifiques d'intérêts communs:

Société de l'information et Etat de droit au centre de la Xème réunion UE/Groupe de Rio: La Xème réunion ministérielle UE/Groupe de Rio a ciblé ses travaux sur deux sujets qui seront au centre des débats du futur Sommet de Madrid: "La nouvelle économie, la fracture technologique et l'emploi", sur la base d'un document présenté par les pays latino-américains, et "La démocratie soutenable, la bonne gouvernance et la réduction de la pauvreté", sur la base d'un document des Européens.

Le Commissaire Patten a donné des précisions sur la préparation des projets concrets dans ces domaines, en vue du Sommet de Madrid: 1) un forum bi-régional sur les droits de l'homme se tiendra en avril ou mai 2002, précédé par une "conférence des médiateurs" qui se tiendra les 27 et 28 septembre à Copenhague; 2) la présentation par la Commission, en septembre, d'une série de projets dans le cadre de l'Alliance avec l'Amérique latine pour la société de l'information ("Alis"). La Commission devrait aussi proposer une rencontre des acteurs de la société de l'information (industries des télécoms, fournisseurs d'accès, instance de régulation, institutions financières, etc.), qui se tiendrait quelque semaines avant le Sommet; 3) l'organisation de rencontres entre les comités économiques et sociaux des deux régions, ainsi qu'entre l'UNICE et ses équivalents latino-américains; 4) la tenue d'une réunion des ministres des Affaires sociales des deux continents juste avant le Sommet de Madrid. Les ministres soulignent, dans la déclaration finale, leur convergence de vues sur "un certain nombre de projets" et "s'engagent à faire des progrès concrets en vue du Sommet de Madrid".

Les pays andins réclament un accord d'association: les ministres de la Communauté andine (Colombie, Venezuela, Equateur, Pérou, Bolivie) ont plaidé une nouvelle fois pour la conclusion d'un accord d'association entre les deux régions, qui leur permettrait, selon eux, de compter sur des concessions commerciales négociées, au lieu de dépendre des concessions unilatérales de l'UE dans le cadre du système de préférences généralisées. Plus que réticente, l'UE ne s'est engagée il y a un an qu'à préparer une étude "faisant le point de l'état actuel et des perspectives des relations économiques et commerciales entre les deux régions". Les deux parties se félicitent dans leur communiqué conjoint que les termes de référence de cette étude aient été définis et soulignent "la nécessité d'accélérer la réalisation de cette étude". Elles estiment en outre "qu'il importe de proroger jusqu'à l'entrée en vigueur du nouveau type de relations entre les deux régions" les préférences tarifaires (SPG) accordées à la région andine pour soutenir sa lutte contre la culture de drogue.

Les parties ont fait par ailleurs le point sur la situation politique dans cette région marquée ces dernières années par l'instabilité politique, en saluant dans leur communiqué les efforts de paix en Colombie, et en soutenant "la consolidation du régime démocratique en Equateur", ainsi que les "efforts déployés par le gouvernement péruvien pour restaurer la démocratie et rétablir l'ordre institutionnel et le respect intégral des droits de l'homme au Pérou". Elles se félicitent en outre "des résultats obtenus par la Bolivie" dans sa lutte contre la culture de drogue, en espérant que "ces résultats soient durables".

Réunion intermédiaire avec le Mercosur, Chili, Bolivie: la rencontre de Santiago fut surtout protocolaire, placée entre le 4ème round des négociations d'accord de libre-échange qui se tenait à Bruxelles mi-mars, et les réunions du Conseil de coopération UE/Mercosur et du Conseil conjoint UE/Chili, qui se tiendront à Luxembourg le 26 juin en marge du Conseil Affaires générales. Dans leur communiqué conjoint, les parties réitèrent leur volonté de "dynamiser" leur coopération pour développer des positions internationales communes, et de "tout mettre en œuvre pour conclure dès que possible" les négociations commerciales.

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