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Bulletin Quotidien Europe N° 7935
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Les Etats-Unis renoncent au protocole de Kyoto - La troïka européenne se rendra à Washington

Bruxelles, 29/03/2001 (Agence Europe) - "Nous nous inquiétons profondément, nous n'aimons pas ce que nous entendons", a déclaré à la presse Margot Wallström, Commissaire européenne à l'environnement, qui réagissait ce jeudi à l'annonce faite par les Etats-Unis de renoncer au protocole de Kyoto sur le changement climatique. Annonçant un déplacement imminent de la Troïka européenne à Washington, pour y sonder les intentions américaines sur un dossier que l'Union considère comme faisant partie intégrante de ses relations avec les Etats-Unis, Mme Wallström a écarté l'idée d'agiter le bâton à ce stade, estimant qu'il convenait en priorité de comprendre la position et les intentions américaines.

C'est au cours d'un briefing que Ari Fleischer, porte-parole de la Maison Blanche, a annoncé le 28 mars que George Bush "ne soutient pas le protocole de Kyoto" et cela "sans équivoque", dans la mesure où cet instrument n'engage pas les pays en développement et qu'il est, de surcroît, contraire aux intérêts économiques des Etats-Unis, les coûts qu'implique sa mise en oeuvre étant disproportionnés par rapport aux bénéfices escomptés. Répondant à un journaliste qui lui demandait si les Etats-Unis avaient l'intention de "se retirer" de Kyoto, M. Fleischer a répondu qu'il n'y avait pas à s'en retirer dans la mesure où le protocole n'a pas été ratifié et que le Sénat américain a unanimement voté contre sa ratification. La présidence semble donc s'être alignée sur la position des milieux industriels américains qui contestent le fait que le protocole n'engage pas les pays en développement - notamment les pays émergents -, estiment qu'il est incompatible avec le déficit de l'offre d'électricité dans certaines régions comme la Californie, et jugent inopportunes les contraintes nouvelles que ferait peser sa mise en oeuvre sur les populations. Interrogé sur les perspectives du dossier du réchauffement climatique, le porte-parole de la Maison Blanche a indiqué que George Bush avait demandé au gouvernement de faire le point sur la question et d'élaborer une position américaine à ce sujet. Le président, a-t-il poursuivi, est convaincu de pouvoir continuer à travailler avec ses partenaires au niveau international sur des bases différentes, par exemple en adoptant une approche basée notamment sur le développement de technologies et d'incitants économiques; quoi qu'il en soit, "le président s'oppose au protocole sous sa forme actuelle, (...) mais il est prématuré de spéculer sur les prochains pas que fera l'administration", a conclu le porte-parole.

Si cette déclaration ne constitue pas véritablement une surprise pour les Européens, le président Bush ayant déjà annoncé la couleur à plusieurs reprises ces dernières semaines, la Commission européenne n'en est pas moins dépitée. Considérant l'annonce de mercredi comme "très préoccupante", Mme Wallström a annoncé à la presse que la Troïka de l'UE se rendrait prochainement à Washington pour tenter de cerner la position des Etats-Unis et, en particulier, pour essayer de savoir s'ils entendent se rendre à Bonn en juillet pour la réunion de la "COP6" qui doit (devait ?) finaliser les mesures opérationnelles de mise en oeuvre du protocole de Kyoto et ouvrir la voie à sa ratification (seule la Roumaine l'a ratifié à ce jour). "Il faut que ce soit clair pour les Etats-Unis: le changement climatique n'est pas une question écologique mineure, il s'agit d'une question étroitement liée aux relations économiques et au commerce", a déclaré la Commissaire, sans toutefois envisager le recours à une quelconque menace à ce stade. "Punir n'est pas la bonne façon de procéder", a-t-elle précisé, estimant que l'heure était à la discussion. Fermer la porte à celle-ci signifierait en effet conforter les Etats-Unis dans leur position singulière. Or, sans eux, "Kyoto est mort" a laissé entendre Mme Wallström qui, perplexe, a également évoqué la question du modus operandi à adopter si tel était le cas. Dans l'immédiat, la Troïka se rendra donc à Washington pour y entendre les Américains préciser leurs positions, notamment sur l'engagement des pays en développement à l'égard du traité: "Dire que ceux-ci ne sont pas engagés est faux. Ils sont partenaires même s'ils n'ont pas d'engagements précis pour la première phase de mise en oeuvre du protocole", a souligné Mme Wallström.

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