Bruxelles, 29/03/2001 (Agence Europe) - Protection de la biodiversité et conservation de la nature est le thème retenu par la Présidence suédoise pour la session informelle des ministres de l'Environnement des Quinze, qui se tiendra du vendredi 30 mars au soir au 1er avril à Kiruna (cercle polaire). Le choix d'une région de la Suède où la biodiversité est intacte et qui abrite un centre de recherche de l'Agence spatiale européenne, spécialisé dans l'observation de la terre sous l'angle des changements climatiques, n'est pas innocent. L'objectif de cette réunion ministérielle consacrée à un sujet identifié par la Commission comme l'un des six domaines d'action prioritaires dans sa proposition de sixième programme d'action pour l'environnement est de débattre de l'opportunité d'adopter dans l'Union une approche novatrice des politiques communautaires et de nouveaux moyens de conserver la biodiversité afin d'inverser la tendance alarmante à la disparition constante d'espèces animales, végétales, d'écosystèmes terrestres et marins du patrimoine communautaire. Cette réflexion des ministres de l'Environnement intervient à un moment crucial de l'Agenda communautaire dans le domaine de l'environnement. Elle s'inscrit en effet dans la perspective de la stratégie pour le développement durable de l'Union, qui doit être adoptée au Sommet de Göteborg en juin prochain, et aura lieu au lendemain de la publication de deux documents stratégiques pour préparer cette échéance - les plans d'actions sur l'intégration des préoccupations liées à la conservation de la biodiversité dans les politiques sectorielles (voir EUROPE d'hier, p. 11) et le document de consultation sur le développement durable que vient de présenter la Commission (voir plus loin).
Pour guider les travaux, Kjell Larsson, ministre suédois de l'Environnement, a remis à ses homologues un document de réflexion intitulé « Nature et biodiversité - défis et opportunité ». Ce document souligne la gravité du phénomène de destruction de la biodiversité dans l'Union (disparition de 38% des espèces d'oiseaux, menace pesant sur 45% des papillons, disparition de 60% des zones humides dans le Nord et l'Ouest de l'Europe, conditions de stress imposées à deux tiers des arbres, stocks de poissons près de l'extinction et disparition de certaines espèces marines autres que commerciales), et suggère notamment de: - progresser dans la mise en oeuvre de la Convention sur la diversité biologique; - d'assurer la préservation d'écosystèmes intacts pour les générations futures; - tirer profit du savoir-faire des communautés indigènes dont le mode de vie traditionnel peut inspirer des pratiques agricoles et des méthodes de pêche et de gestion des forêts respectueuses de la biodiversité ; - respecter l'apport en biodiversité que représentera l'élargissement de l'UE.
Ce document de toile de fond invite les ministres à répondre aux questions suivantes: a) comment le réseau Natura 2000 et la directive Habitats pourraient-ils être davantage intégrés dans la politique agricole, la politique de la pêche et de la sylviculture ?; b) les préoccupations des consommateurs relatives à la santé et l'environnement ont-elles des implications pour la conservation de la biodiversité et l'intégration sectorielle ?; c) quelles sont les options envisageables pour parvenir à un meilleur état de la biodiversité des écosytèmes marins dans l'Union ?; d) l'intégration sectorielle et la conservation de la biodiversité pourront-elles être assurées en utilisant les instruments communautaires actuels dans l'Union élargie ?
Les ministres saisiront aussi l'opportunité de cette rencontre pour avoir un échange de vues informel sur les changements climatiques à la lumière des positions de plus en plus divergentes entre l'Union et les Américains (voir autre nouvelle) et sur la future stratégie de développement durable.