Le président du Conseil européen, António Costa, a défendu l'idée que l’Union européenne devait « poursuivre sur la voie actuelle » des négociations d’adhésion « s’agissant des pays des Balkans occidentaux, et en particulier le Monténégro et l’Albanie », car « nous sommes sur une très bonne trajectoire », en réponse aux récentes propositions du chancelier allemand, Friedrich Merz, visant à accorder à l’Ukraine un « statut de membre associé » ainsi qu’un « statut d’observateur » aux pays des Balkans occidentaux, assorti d’un accès privilégié au marché unique avant leur adhésion pleine et entière (EUROPE 13872/3).
« Nous pouvons toujours améliorer le processus, mais nous devons aujourd’hui nous concentrer sur la mise en œuvre de ce qui est déjà en cours », a déclaré António Costa lors d’une conférence de presse à Tirana, aux côtés du Premier ministre albanais, Edi Rama, en tournée des capitales des pays des Balkans occidentaux avant le sommet avec l'UE, prévu le 5 juin au Monténégro.
Selon M. Costa, l’objectif principal des propositions de Friedrich Merz est de « trouver une solution » permettant d’intégrer l’Ukraine, un pays dont beaucoup pensent que l'intégration prendra davantage de temps. Il a appelé à « poursuivre sur la voie actuelle » avec le Monténégro et l'Albanie, en rappelant les travaux déjà entamés sur la rédaction du futur traité d’adhésion du Monténégro, tandis que l’Albanie a désormais ouvert l’ensemble des chapitres de négociation et peut commencer à en clôturer provisoirement certains après avoir rempli les critères intermédiaires du groupe de chapitres consacré aux fondamentaux. L’objectif de l’Albanie de conclure les négociations d’adhésion d’ici fin 2027 est « difficile, mais possible », a-t-il dit.
Interrogé sur le projet de complexe touristique auquel s’intéresse la société d’investissement privée Affinity Partners, dirigée par Jared Kushner, gendre du président américain, Donald Trump, dans la zone humide protégée de Vjosa-Narta, António Costa a refusé de commenter « le projet concret », mais a indiqué que la Commission européenne était en contact avec les autorités et a rappelé que l’Albanie « devra aligner pleinement sa législation environnementale sur l’acquis communautaire » et « la mettre en œuvre ».
De son côté, Edi Rama a insisté sur le fait que le projet est en phase d’étude et a assuré qu’il respecterait les normes de l’UE et même « des standards encore plus élevés ». (Ana Pisonero Hernández)