Le président du Comité économique et social européen (CESE), l'Irlandais Séamus Boland, a mis en garde, mercredi 4 février, contre une réduction de la dotation du cadre financier pluriannuel (CFP) 2028-2034, n'hésitant pas à plaider pour un renforcement des moyens financiers de l'Union européenne à travers « l'emprunt ».
Faisant le point sur l'action du CESE aux 100 premiers jours de son mandat (EUROPE 13736/25), M. Boland a noté que, face aux bouleversements géopolitiques en cours, les priorités politiques de l'UE évoluent, notamment vers un renforcement des dépenses militaires. Cependant, selon lui, ces investissements ne doivent pas se faire au détriment des priorités traditionnelles, parmi lesquelles la politique de cohésion et l'agriculture.
Si tel était le cas, « nous pourrions renforcer l'artillerie, mais nous affaiblirions probablement la défense civile », a-t-il prévenu. Et de lancer l'appel suivant : « Laissez le CFP tranquille ! Ne le réduisez pas, sinon vous risquez de compromettre la cohésion sociale ».
Se fixant pour objectif de placer la société civile au cœur du projet européen, le président du CESE a rencontré plusieurs responsables européens - le président du Conseil européen, António Costa, des commissaires européens, des présidents des commissions parlementaires du Parlement européen -, à qui il a vanté la capacité des membres du Comité à prendre le pouls des territoires européens.
Concernant la crise du logement, M. Boland a fait état d'une « urgence qui doit être affrontée comme telle », comme ce fut le cas pour la pandémie de Covid-19. M. Costa et moi-même pensons qu'il faut obtenir rapidement des résultats concrets se traduisant par « un renforcement de la réglementation européenne », a-t-il ajouté. Selon lui, le plan européen pour le logement abordable, dévoilé en décembre par la Commission (EUROPE 13774/23), est de nature à créer un effet d'entraînement en incitant les États membres à présenter « un plan national » dans ce domaine, comme l'a fait l'Irlande.
Enfin, le CESE entend s'impliquer pleinement dans la mise en place du 'Bouclier européen pour la démocratie', dont la mesure phare est la création d’un 'Centre européen pour la résilience démocratique' (EUROPE 13797/27). « Nous avons dit que nous voulions intégrer le processus », à travers « un travail de sensibilisation », a-t-il indiqué, faisant valoir que les membres du CESE sont en relation avec de nombreuses organisations dans leur propre pays. (Mathieu Bion)