Dans une communication publiée jeudi 5 février, l'alliance citoyenne 'Stop Chat Control' a appelé les citoyens européens à interpeller les eurodéputés avant le vote du PE sur l'extension de la dérogation à la directive 'ePrivacy', qui implique l'analyse de masse des messages privés par les grandes plateformes américaines.
Surnommé 'Chat Control', ce régime dérogatoire arrive à échéance le 3 avril prochain, mais la Commission et le Conseil de l'UE souhaitent encore le prolonger de deux ans (EUROPE 13796/11). Il permet à des plateformes comme Meta ou Google de scanner les communications à l'aide de l'intelligence artificielle pour détecter des contenus pédopornographiques.
Les eurodéputés, plus spécifiquement Birgit Sippel (S&D, allemande), rapportrice sur le sujet, sont invités à privilégier une approche de « sécurité dès la conception » (Security by design). Les militants demandent notamment de limiter la surveillance aux seuls suspects déjà sous mandat judiciaire afin de ne pas « cimenter un modèle défaillant » au détriment de l'État de droit.
Patrick Breyer, ancien eurodéputé et ex-rapporteur fictif sur ce sujet pour le groupe Verts/ALE, a montré son soutien à l'initiative, en dénonçant une « privatisation du secret de la correspondance ». (Justine Manaud)