La Commission européenne a annoncé, mardi 9 décembre, un renforcement des contrôles sur les denrées alimentaires, les animaux et les végétaux entrant dans l’Union européenne.
À l’issue d’un dialogue de mise en œuvre sur les contrôles à l’importation avec les parties prenantes du secteur agroalimentaire, le commissaire à la Santé, Olivér Várhelyi, a présenté diverses mesures visant à renforcer les contrôles aux frontières de l’UE et dans les pays tiers. « Ces mesures garantiront que les citoyens européens continueront de bénéficier des niveaux les plus élevés de sécurité alimentaire, tout en assurant des conditions de concurrence équitables pour les producteurs européens par rapport à leurs concurrents mondiaux », estime la Commission.
Devant la presse, Olivér Várhelyi a déclaré (https://aeur.eu/f/jws ) que les importations de produits agroalimentaires au sein de l’UE représentent 160 milliards d’euros par an et qu’il fallait renforcer les contrôles tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’Union pour garantir la sûreté des produits.
En janvier 2026, la Commission lancera une 'task force' européenne pour rendre les contrôles à l’importation plus efficaces. Elle se concentrera en particulier sur les résidus de pesticides, la sûreté des denrées alimentaires et des aliments pour animaux, ainsi que sur le bien-être animal et envisagera des actions de surveillance coordonnées au niveau de l’UE sur certains produits importés.
Réciprocité renforcée. Le commissaire a insisté sur l’objectif d’un « meilleur alignement » des normes européennes avec celles des pays tiers qui exportent vers l’UE. « Nous nous sommes engagés à un principe : ne pas permettre que les pesticides les plus dangereux, interdits dans l’UE, réintègrent le marché européen par le biais de produits importés », a affirmé M. Várhelyi. Cette « réciprocité renforcée » doit garantir que les normes ambitieuses de l’UE ne créent pas de désavantage compétitif pour les agriculteurs européens et pour le secteur agricole, selon lui. La Commission a lancé une étude d’impact pour déterminer comment ce principe peut être pleinement mis en œuvre, de manière opérationnelle, tout en tenant compte des implications commerciales possibles (EUROPE 13759/19).
En attendant, la Commission va mettre à jour les règles concernant l’autorisation d’importer des produits contenant des traces de pesticides dangereux interdits dans l’UE, en ligne avec les normes internationales récemment révisées. « Si ces pesticides ne sont pas autorisés dans l’UE pour des raisons liées à la protection de la santé, ils ne doivent pas être détectés en tant que résidus dans notre alimentation », a insisté le commissaire.
Contrôles. La Commission prévoit une hausse de 50%, à compter du 1er janvier 2026, du nombre d’audits effectués dans les pays non membres de l’UE au cours des deux prochaines années. Elle prévoit une hausse de 33% des audits des postes de contrôle frontaliers afin de vérifier que les inspections sont réalisées conformément aux exigences de l’UE.
Une surveillance renforcée des produits et pays non conformes est également prévue, ainsi qu’un soutien accru de la Commission aux États membres pour la réalisation de ces contrôles supplémentaires. En outre, environ 500 membres du personnel des autorités nationales chargées des contrôles officiels bénéficieront d’une formation dédiée dans le cadre d’un programme européen. (Lionel Changeur)