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Bulletin Quotidien Europe N° 13767
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ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / Économie

Friedrich Merz se lance dans une 'opération conviction' auprès de son homologue belge, Bart De Wever

En tant que l'un des artisans du prêt 'Reparations Loan', l'option de financement à l'Ukraine basée sur l'exploitation des avoirs de la Banque de Russie immobilisés dans l'Union européenne (EUROPE 13765/1), le chancelier allemand, Friedrich Merz, s'est lancé dans une 'opération conviction' en se rendant à Bruxelles, vendredi 5 décembre, pour tenter de convaincre son homologue belge, Bart De Wever, lors d'un dîner auquel devait participer la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.

La présentation de la proposition législative ouvre « un nouveau chapitre » dans les consultations, a indiqué la porte-parole de l'institution de l'UE, Paula Pinho. Selon elle, la Commission a répondu aux inquiétudes de la Belgique concernant le prêt 'Reparations Loan' en élargissant le « champ d'application », avec la mobilisation de tous les avoirs publics immobilisés dans l'UE et en octroyant des « garanties supplémentaires », notamment pour s'assurer la disponibilité de liquidités massives, si nécessaire.

Vendredi, les ambassadeurs des États membres auprès de l'UE (Coreper) ont entamé des discussions « substantielles » sur la base des deux options de la Commission. La Présidence danoise du Conseil de l'UE a promis de mettre les bouchées doubles pour favoriser une décision finale lors du Conseil européen des jeudi 18 et vendredi 19 décembre.

 Devant le Parlement belge, M. De Wever avait reconnu, jeudi, que la proposition de prêt 'Reparations Loan' touche aux trois conditions préalables fixées par son pays - mutualisation de l'ensemble des risques, protection contre le risque de liquidité, utilisation de tous les actifs publics russes immobilisés dans l'UE -, mais sans y répondre totalement.

« Nous sommes prêts à faire des sacrifices, mais nous ne sommes pas prêts à faire l'impossible », avait indiqué le Premier ministre belge. Il avait aussi mis en doute la stratégie politique, économique et militaire de l'UE, qui n'envisage qu'une victoire de l'Ukraine sur tous les fronts. « Personne dans cette assemblée ne pense que la guerre se terminera de cette façon », avait-il souligné.

Dans ses prises de parole, M. Merz continue d'écarter cette éventualité, faisant de la poursuite du soutien à l'Ukraine une question de « souveraineté européenne ». Dans une carte blanche au quotidien FAZ, il refuse de « laisser des pays extraeuropéens décider de ce qu'il adviendra des ressources financières d'un pays agresseur qui ont été légalement gelées » dans l'UE.

Une référence aux États-Unis, qui feraient pression sur les États membres afin d'orienter les investissements que permettrait une manne financière de 200 milliards d'euros, en tant qu'élément du plan de paix américain entre l'Ukraine et la Russie ayant fuité dans la presse. (Mathieu Bion)

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