Les ministres de l’Intérieur des États membres de l’UE évoqueront, lundi 8 décembre à Bruxelles, les implications pour la sécurité intérieure de l'utilisation croissante des drones et les incidents récents survenus en Europe.
Le 4 décembre, de nouveaux survols de drones sur des installations de la marine française ont été rapportés, et le 5 décembre, le trafic aérien à l’aéroport de Bruxelles avait encore été interrompu brièvement après la détection de drones.
Dans une note datée du 11 décembre, la Présidence danoise du Conseil de l’UE expliquait que les connaissances et les technologies soutenant la production de drones évoluent rapidement sous l'impulsion de divers acteurs internationaux, ce qui rend leur détection, leur suivi, leur identification et – selon les circonstances – leur neutralisation encore plus difficiles, malgré le développement de systèmes anti-drones efficaces.
Les multiples facettes de cette problématique englobent notamment la protection des infrastructures critiques européennes, la sécurité du transport aérien, les menaces hybrides et les capacités de défense, poursuit la note.
La Présidence demandera donc lundi aux ministres quelles mesures au niveau de l’UE pourraient être nécessaires pour mieux contrer ces incidents.
Elle rappelle, dans cette note, les projets en cours, comme le cluster 3 d'Horizon Europe soutenant les projets de sécurité relatifs aux drones et à la lutte anti-drones. Le Fonds européen pour la compétitivité pourrait aussi, dès 2028, soutenir le développement et le déploiement de solutions européennes civiles, à double usage et de défense. La Commission a aussi débloqué récemment 250 millions d’euros pour soutenir les projets nationaux.
« Les agences chargées de l’application de la loi (JAI) facilitent également les activités des autorités répressives concernant les drones ».
Le Pôle d’innovation de l’UE pour la sécurité intérieure, piloté par Frontex et auquel participent la Commission et Europol, a lancé un groupe thématique axé sur les systèmes aériens sans pilote et les technologies anti-UAS.
Depuis 2022, Frontex et la communauté des gardes-frontières et des garde-côtes européens sont aussi activement engagés dans la recherche et l'innovation « afin de contrer la menace croissante que représentent les drones aux frontières extérieures de l'UE ».
Les États membres « ont par ailleurs déjà examiné le rôle futur du soutien de Frontex aux États membres confrontés à l'instrumentalisation et à d'autres menaces hybrides, telles que les récentes violations de l'espace aérien par des drones et autres objets volants utilisés pour la contrebande, à condition que les États membres en fassent la demande ». (Solenn Paulic)