Dans son projet de rapport annuel 2025 sur la mise en œuvre de la politique de sécurité et de défense commune (PSDC) daté du 26 septembre, l'eurodéputé Thijs Reuten (S&D, néerlandais) appelle à combler les lacunes capacitaires militaires des États membres.
Soulignant « la gravité et l'urgence des menaces qui pèsent sur la sécurité européenne et émanent de la Russie et de ses alliés », le député appelle à des efforts communs de l'Union et de ses États membres pour combler les lacunes en capacités critiques, notamment par le biais d'un ensemble de projets européens de défense d'intérêt commun. Il invite donc la Commission et la Haute Représentante de l’UE à proposer des solutions permettant d'acquérir des moyens militaires communs.
L'eurodéputé estime que, « sans réforme structurelle et collaboration européenne, l'augmentation des dépenses nationales pourrait entraîner des doublons et des inefficacités persistants ». Il exhorte aussi la Commission et les États membres à orienter le prochain cadre financier pluriannuel de manière à permettre une véritable Union européenne de la défense (UED). Le député met aussi en avant la nécessité que les fonds de l'Union soient affectés à des projets collaboratifs présentant une valeur ajoutée européenne manifeste.
M. Reuten demande en outre l’adoption de mesures appropriées pour faciliter et encourager la base industrielle et technologique de défense européenne (BITDE), notamment par l'investissement privé. Il exhorte aussi l’UE à soutenir les capacités de défense de l'Ukraine et l'intégration de sa base industrielle et technologique de défense dans celle de l'UE, tout en soutenant les activités de la BITDE en Ukraine.
Par ailleurs, appelant à des progrès dans la réflexion stratégique nécessaire à la conception d’une nouvelle architecture de sécurité européenne, l'eurodéputé estime « urgente » la mise en œuvre de la PSDC comme base d’une véritable UED et, « idéalement, de saisir ce moment charnière pour modifier le traité afin de répondre aux nouveaux besoins de sécurité et de défense ».
Il invite également la Haute Représentante et les États membres à renforcer les missions PSDC par des mandats flexibles et modulaires, adaptés aux contextes de sécurité et aux besoins des pays hôtes et bénéficiant d'un financement adéquat et efficace, de structures de soutien rationalisées et d'une meilleure affectation du personnel détaché.
Les amendements au rapport sont à déposer avant le 23 octobre.
Voir le projet de rapport : https://aeur.eu/f/iqo (Camille-Cerise Gessant)