Des professionnels de l’aviation et du transport maritime se sont réunis au Parlement européen, mercredi 1er octobre, pour discuter du développement des électro-carburants durables (e-saf) en Europe. Ils ont appelé à un soutien financier public pour pouvoir développer la filière (EUROPE 13651/12).
Monika Rybakowska, directrice des affaires publiques au sein de l’association professionnelle de compagnies aériennes Airlines for Europe (A4E), a expliqué qu’il faut stimuler la demande. D’après elle, l’écart entre l’offre et la demande s'explique par le fait qu'il s'agit d'un nouveau produit, dont les coûts sont élevés et volatils. « L'e-saf coûte actuellement huit fois plus cher que le kérosène », a-t-elle pointé du doigt. « Les fournisseurs de carburant disent qu’il faut aider à financer le client et rendre l'e-saf abordable ».
Pour ce faire, elle a évoqué la réaffectation des recettes issues du système d'échange de quotas d'émission de l'UE (ETS). De son côté, Romain Verdier, directeur général chez l’énergéticien Verso Energy, a mentionné les outils de la Banque européenne d'investissement (BEI). D'après eux, si les pouvoirs publics font en sorte de sécuriser la demande, les investisseurs viendront sur le marché.
Jean-Frédéric Laurent, directeur du Port de Bordeaux, a souligné le fait que les investisseurs ne regardent plus seulement la rentabilité financière. « La directive sur le reporting durable des entreprises (CSRD) indique que les éléments financiers ne sont pas les seuls facteurs mobilisateurs d’investissements », a-t-il indiqué. Pour lui, les investissements dans des industries telles que les e-fuels doivent être vus à la fois sous l'angle de l'économie carbone, mais aussi sous l'angle de l'ensemble des autres bénéfices qu'ils apportent à nos écosystèmes : sur la santé, la biodiversité, l'emploi, mais aussi en termes de souveraineté. « Le fait de tenir bon, si je peux me permettre l'expression, sur cette vision européenne des choses doit pouvoir nous permettre de décloisonner des financements », a-t-il affirmé, en mentionnant la mobilisation de l’épargne des Européens.
Les professionnels attendent donc avec impatience le Plan d'investissement dans les transports durables (EUROPE 13517/3), que la Commission européenne doit présenter d’ici la fin de l’année. Grégoire Le Comte, responsable des politiques aériennes au sein de la Direction générale de la Mobilité et des Transports (DG Move) de la Commission, a reconnu que le secteur avait besoin de 40 à 45 milliards d’euros d'investissements. (Anne Damiani)