Le président américain, Donald Trump, a annoncé, mardi 23 septembre, que « l'Ukraine, avec le soutien de l'Union européenne, est en mesure de combattre, et de reconquérir l'Ukraine dans son état originel ».
« Avec du temps, de la patience et le soutien financier de l'Europe, et en particulier de l'OTAN, les frontières d'origine de cette guerre sont tout à fait envisageables », a-t-il ajouté sur son réseau social Social Truth, qualifiant la Russie de « tigre de papier ».
M. Trump a promis que les États-Unis continueraient de fournir des armes à l'OTAN « pour qu'elle en fasse ce qu'elle veut ». L’OTAN a mis en place le processus PURL, qui permet aux Alliés de financer des équipements militaires américains à destination de l’Ukraine.
« Poutine et la Russie sont en grande difficulté économique, et il est temps pour l'Ukraine d'agir », a insisté M. Trump, souhaitant, « quoi qu'il en soit (...), bonne chance aux deux pays ».
De son côté, lors d’un discours au Conseil de sécurité des Nations Unies sur l’Ukraine, le président du Conseil européen, António Costa, a appelé une nouvelle fois la Russie, membre permanent du Conseil de sécurité, « à accepter de s'asseoir à la table des négociations pour mettre fin aux massacres, pour mettre fin aux destructions, pour cesser de menacer ses voisins ». Il a ajouté que la quête de la paix devait être la priorité absolue de la communauté internationale, l’appelant à s'engager activement dans les efforts de paix, dans le plein respect de la Charte des Nations Unies. M. Costa a souhaité que la Chine, autre membre permanent du Conseil de sécurité, contribue à une paix « juste et durable » en Ukraine.
Les ministres des Affaires étrangères des pays du G7 (Allemagne, France, Italie, Canada, États-Unis, Japon et Royaume-Uni) et la Haute Représentante de l'UE, Kaja Kallas, ont souligné pour leur part leur « engagement continu à œuvrer ensemble pour une paix durable et une Ukraine forte, indépendante, souveraine et prospère, en poursuivant (leur) coordination avec les États-Unis afin de fournir à l'Ukraine des garanties de sécurité solides et crédibles ».
Renforcer les sanctions. Ils ont également discuté de la possibilité d'« imposer de nouveaux coûts économiques » à la Russie, notamment en prenant des mesures contre les pays tiers « complices », et ont salué les discussions en cours entre les ministres des Finances du G7 sur la nécessité de mobiliser davantage d'actifs souverains russes pour soutenir l'Ukraine.
En marge de ces réunions, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a annoncé être convenue, lors d’une rencontre avec M. Trump, de « la nécessité de réduire rapidement les revenus russes tirés des énergies fossiles ». Le président américain a critiqué la poursuite d’achat d’énergie russe par les Européens et la Commission européenne s’attaque de nouveau, dans le cadre de son 19e paquet de sanctions, à ce sujet (EUROPE 13713/1).
« Nous renforçons la pression en interdisant les importations de GNL russe sur les marchés européens et en ciblant les raffineries, les négociants en pétrole et les raffineries de pays tiers. D'ici 2027, l'Europe aura définitivement tourné la page des énergies fossiles russes », a précisé Mme von der Leyen.
L’adoption de ces mesures, qui nécessitent l’unanimité, s’annonce difficile. Dans un entretien avec le Guardian, le ministre des Affaires étrangères hongrois, Péter Szijjártó, a prévenu que son pays continuerait à s’approvisionner en énergie russe.
« Nous ne pouvons pas garantir la sécurité de l'approvisionnement (en produits énergétiques) de notre pays sans ressources russes en pétrole ou en gaz », a-t-il expliqué. Et d’ajouter : « Il peut être beau de rêver d'acheter du pétrole et du gaz ailleurs (qu’en Russie)… mais nous ne pouvons acheter que là où nous disposons d'infrastructures ».
La Commission européenne a également annoncé qu'elle allait proposer « en temps voulu » des droits de douane sur le pétrole russe qui continue d'arriver sur le marché européen.
Ramener les enfants ukrainiens chez eux. La présidente de la Commission a en outre expliqué que l’UE et les États-Unis travailleraient « main dans la main » pour ramener les enfants disparus en Ukraine.
Lors d’un événement plus tôt dans la journée, Mme von der Leyen a expliqué que l’UE rejoignait la Coalition internationale pour le retour des enfants ukrainiens et qu’elle serait « honorée » d'accueillir un sommet international de haut niveau « afin de placer ces enfants au cœur des préoccupations mondiales » (EUROPE 13706/2).
Elle a rappelé que l’UE avait déjà sanctionné une cinquantaine de personnes complices de l'enlèvement des enfants ukrainiens. Dans le cadre du 19e paquet de sanctions, la Haute Représentante de l’UE a proposé de sanctionner des personnes supplémentaires. (Camille-Cerise Gessant)