Comme devant le Conseil 'Agriculture' deux jours plus tôt, le commissaire à l’Agriculture, Christophe Hansen, a bataillé, mercredi 24 septembre, pour tenter de convaincre les eurodéputés du bien-fondé des propositions sur la réforme et le financement de la politique agricole commune (PAC) pour la période 2028-2034 (EUROPE 13714/1).
M. Hansen est passé sur le grill devant la commission de l’agriculture du Parlement européen.
Carmen Crespo (PPE, espagnole) lui a demandé : « Pourquoi changez-vous un système qui fonctionnait ? ». Selon elle, la fusion des fonds crée des doutes. Dans ce cadre financier pluriannuel (CFP), c’est le secteur agroalimentaire qui se retrouve le grand perdant, a estimé Mme Crespo, qui, comme d’autres députés, a critiqué une « renationalisation » de la PAC.
Le PPE espère donc que le Conseil européen bloquera ce CFP. Pour Céline Imart (PPE, française), la proposition ne peut pas constituer une base de travail. Elle a demandé à M. Hansen de la retirer.
Dario Nardella (S&D, italien), pour sa part, a dit apprécier les efforts sur la dégressivité des aides, les jeunes, le soutien aux revenus et la réserve de crise. « Néanmoins, nous sommes contre cette structure de la PAC proposée par la Commission », synonyme, selon lui, de démantèlement de la solidarité européenne. M. Nardella a ajouté que cette réforme n’est pas une évolution, mais une dissolution.
« Votre proposition pour la PAC est inacceptable », a lancé Mireia Borrás Pabón (PfE, espagnole). Pour son pays, cela suppose une réduction de 22% des crédits pour 2028-2034, soit « 10 milliards d'euros de moins ». Cette réduction est, selon elle, un coup de grâce.
Aux Pays-Bas, le budget, en termes nominaux, va baisser de 24%, a renchéri Bert-Jan Ruissen (CRE, néerlandais).
Benoît Cassart (Renew Europe, belge), quant à lui, a dénoncé une « double peine » pour les agriculteurs : un budget PAC en forte baisse et une pression sur les prix après l’ouverture du marché européen à la concurrence déloyale.
« Nous changeons quelque chose qui fonctionne très bien ? Est-ce vraiment le cas ? Si cela marchait si bien, que ferions-nous ici ? », a rétorqué M. Hansen. Selon lui, la renationalisation a déjà eu lieu il y a sept ans, avec l’introduction des plans stratégiques nationaux. « C’était une demande forte du Parlement européen et des États membres », a-t-il rappelé. (Lionel Changeur)