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Bulletin Quotidien Europe N° 13710
POLITIQUES SECTORIELLES / Climat

Les eurodéputés écologistes dénoncent le blocage français et allemand sur l’objectif 2040

Le Conseil 'Environnement' de jeudi 18 septembre ne devrait pas aboutir à un accord sur l’objectif climatique de l’UE pour 2040. La Présidence danoise, confrontée au blocage d’une majorité qualifiée d’États membres en Coreper I, qui s’est réuni mardi 16 septembre (voir autre nouvelle), a choisi une solution intermédiaire, à savoir transmettre à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques une lettre d’intention proposant une fourchette de réduction des émissions nettes de gaz à effet de serre de 65 à 72,5% d’ici 2035.

Une solution qui permet à la fois de conserver la trajectoire vers une réduction de 90% des émissions par rapport à 1990 en 2040 comme référence et de s’assurer que l’Union européenne dispose d’une contribution provisoire avant les échéances de l’automne sur la scène internationale.

Pour les écologistes, ce compromis illustre avant tout une perte de crédibilité internationale de l’UE. « Quiconque continue d'affirmer que nous sommes leaders au niveau international est en réalité, désolé de le dire, en train de raconter des foutaises », a déclaré le coprésident du groupe des Verts/ALE, Bas Eickhout (néerlandais), au cours d’un briefing qui s’est tenu ce mardi, rappelant que le Royaume-Uni et le Brésil ont déjà soumis leurs nouvelles contributions nationales. 

Selon lui, l’absence de décision rapide place l’UE en position de faiblesse à l’approche de la COP30 qui se tiendra à Belém, en novembre.

Les eurodéputés verts ont pointé du doigt la responsabilité de la France et de l’Allemagne. Lena Schilling (autrichienne) a estimé que le renvoi du dossier au Conseil européen revenait à dire « Remettez-le maintenant entre les mains de Viktor Orbán (le Premier ministre hongrois, NDLR) ».

Michael Bloss (allemand) a dénoncé « une attaque frontale contre l'ambition climatique », orchestrée par l’Allemagne, accusée de s’aligner sur la position française favorable au report.

La France, malgré l’intégration de nombreuses demandes sur la « neutralité technologique » dans la proposition de la Commission européenne, souhaite désormais que le débat ait lieu au niveau des chefs d’État. Le président de la République française, Emmanuel Macron, chercherait ainsi à lier l’accord climatique à des concessions sur le nucléaire et sur le financement de la transition. Quant à l’Allemagne, sa prise de position étonne. 

« L'Allemagne a besoin d'une position européenne en 2040, car elle doit encore atteindre la neutralité climatique d'ici 2045 », a rappelé M. Eickhout. 

Pascal Canfin (Renew Europe, français), pour sa part, a affirmé à la presse que le Parlement ne devrait pas devancer le Conseil. Le vote en commission de l’Environnement, prévu le 23 septembre, devrait être reporté « de façon à recoller au calendrier du Conseil ».

Deux options sont possibles : soit une discussion au Conseil européen du 1er octobre, consacré à la défense, donc peu probable, ou bien un débat le 24 octobre. L’eurodéputé français a avancé que ce renvoi aux chefs d’État, poussé notamment par la France pour resserrer les discussions sur le nucléaire et la neutralité technologique, comporte le risque d’ouvrir une négociation beaucoup plus large.

Dans l’hypothèse d’un accord autour de -90%, il estime néanmoins qu’un vote rapide en commission parlementaire, puis en plénière, même après le début de la COP30, permettrait de valider la position européenne. (Nithya Paquiry)

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