Dans un nouveau rapport publié mardi 16 septembre, l’Agence internationale de l’Énergie (AIE) constate une accélération du déclin de production des sites pétroliers et gaziers existants, en partie à cause de la dépendance accrue à l’égard des ressources de schiste et des ressources offshore profondes.
Ainsi, près de 90% des investissements annuels dans le secteur en amont du pétrole et du gaz depuis 2019 ont été consacrés à compenser la baisse de production plutôt qu'à répondre à la croissance de la demande.
Selon l’AIE, les investissements en 2025 devraient s'élever à environ 570 milliards de dollars américains et, si cette tendance se poursuit, « une croissance modérée de la production pourrait se maintenir à l'avenir ».
Dans le cas contraire, « pour le pétrole, l'absence d'investissements en amont ferait disparaître du marché mondial l'équivalent de la production combinée du Brésil et de la Norvège chaque année », souligne le directeur exécutif de l’AIE, Fatih Birol, dans un communiqué.
L’analyse de l’AIE s’appuie sur les données de production d'environ 15 000 gisements de pétrole et de gaz à travers le monde, et constate un taux de déclin annuel moyen de 5,6% pour le pétrole conventionnel et de 6,8% pour le gaz naturel conventionnel.
Elle dévoile que l’Europe, qui compte une très forte proportion de champs pétroliers offshore et matures, affiche le taux de déclin le plus élevé, avec 9,7%. En comparaison, les grands champs onshore du Moyen-Orient déclinent en moyenne de 1,8%.
Selon l’AIE, maintenir la production actuelle à l'horizon 2050 nécessiterait plus de 45 millions de barils par jour de pétrole et environ 2 000 milliards de m3 de gaz naturel « provenant de nouveaux projets conventionnels ». Toutefois, les quantités nécessaires pourraient être réduites si la demande diminuait.
En réaction à cette analyse, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) a souligné que, « contrairement au revirement de l’UE », elle avait « toujours préconisé des investissements opportuns dans l'industrie pétrolière » afin de tenir compte des taux de déclin et de répondre à la demande croissante.
Pour voir le rapport de l’AIE : https://aeur.eu/f/igg (Pauline Denys)