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Bulletin Quotidien Europe N° 13549
CONSEIL EUROPÉEN / Ukraine

Volodymyr Zelensky plaide pour l’unité des Européens et des Américains afin d'arrêter le « fou » Poutine

Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a appelé, jeudi 19 décembre, à l’unité des Européens et des Américains pour « sauver » son pays et arrêter le président russe, Vladimir Poutine, alors que le retour au pouvoir de Donald Trump rend incertain l’avenir du soutien américain.

Souhaitant que M. Trump - « un homme fort » - soit aux cotés de l’Ukraine, M. Zelensky a expliqué qu’il était « très important, surtout à partir du début de l'année prochaine, d'avoir une grande unité entre les États-Unis, l'UE et les pays européens ».

Selon lui, sans cette unité, pas de paix juste pour son pays. « Ce n'est qu'ensemble - les États-Unis et l'Europe - que nous pourrons vraiment arrêter Poutine et sauver l'Ukraine », a-t-il expliqué, estimant par ailleurs que M. Poutine est « fou », car il « aime tuer ». Selon le président ukrainien, pour que les États-Unis exercent une pression maximale, l’Europe doit adopter une position claire.

M. Zelensky a estimé que l'Europe et les États-Unis devront être à la table des négociations le moment venu.

Dans ses conclusions, le Conseil européen rappelle qu’« aucune initiative concernant l'Ukraine ne peut être prise sans l'Ukraine ». « L'UE est unie dans son soutien à l'Ukraine pour une paix globale, juste et durable, pas n'importe quelle paix, pas de capitulation. Seule l'Ukraine peut définir ce que signifie la paix et quand et si les conditions pour des négociations sont réunies. Ce n'est pas le moment de spéculer sur des scénarios, mais de renforcer l'Ukraine pour faire face à tous les scénarios », a souligné le président du Conseil européen, António Costa.

Garanties de sécurité. Le président ukrainien a ainsi insisté sur les garanties de sécurité à apporter à son pays, précisant que les garanties européennes ne suffiront pas à elles seules.

« Pour nous, les vrais garanties, maintenant et à l'avenir, sont dans l'OTAN », a-t-il souligné. « Pouvez-vous imaginer que nous ayons un cessez-le-feu, que tout le monde soit content et que dans deux mois, six mois, un an, deux ans, Poutine revienne ? Tout le monde sera perdant. Je ne le veux pas, parce qu'après, je ne sais pas ce que nous ferons. Nous avons besoin d'un vrai plan, d'une position forte, et je compte sur l'unité entre l'UE et les États-Unis », a prévenu le président ukrainien.

« On veut la paix, mais on veut être sûrs des garanties de sécurité qui nous protégeront à l’avenir », a-t-il souligné, tout en se refusant à préciser de quelles garanties il pourrait s'agir.

M. Zelensky a soutenu l'éventualité que la France envoie un contingent militaire en Ukraine après un cessez-le-feu, tout en estimant qu’il faudra en connaître tous les détails.

Plusieurs dirigeants européens ont estimé qu’une telle hypothèse était prématurée, voire qu'il est « inapproprié » de discuter maintenant « de ce qui devrait suivre comme troisième et quatrième étapes », comme le chancelier allemand, Olaf Scholz.

M. Zelensky s'est opposé à la trêve de Noël proposée par le Premier ministre hongrois, Viktor Orbán. « Nous ne pouvons pas avoir un conflit gelé sur notre territoire. On doit savoir ce qu’il va se passer le lendemain. C’est pourquoi nous avons besoin de garanties de sécurité. On veut une paix stable, mais la Russie n’est pas interessée et elle le montre », a rappelé le dirigeant ukrainien alors que les attaques aériennes russes sur l’Ukraine se poursuivent.

« Nous rejetons tous les cris en faveur d'un cessez-le-feu et d'une paix rapide sans garanties supplémentaires et sans être clairs sur ce qui se passera après », a considéré le Premier ministre tchèque, Petr Fiala. 

Poursuivre le soutien. Ainsi, « l'Europe doit faire tout ce qui est en son pouvoir pour placer l’Ukraine en position de force afin que la Russie soit obligée de négocier », selon le Premier ministre estonien, Kristen Michal. Une nouvelle fois, M. Zelensky a appelé à l’envoi d'armes et de systèmes anti-aériens et à l'envoi - de toute urgence - d'équipements aux brigades ukrainiennes.

Le soutien passe aussi par un renforcement des industries de la défense européenne et ukrainienne. « Nous sommes unis par l’expansion de la coopération économique, principalement dans le développement de nos industries de défense », a souligné M. Zelensky. Dans ses conclusions, le Conseil européen souligne « l’importance d’intensifier les travaux visant à soutenir et à développer davantage l’industrie de défense ukrainienne et à approfondir sa coopération avec l’industrie de défense de l’UE ».

En résumé, « l’approvisionnement en armes, l’augmentation de la production et le renforcement des sanctions contre la Russie pour la pousser vers la diplomatie seront essentiels l’année prochaine », a prévenu M. Zelensky. Il a souhaité que son pays ouvre tous les 'clusters' des chapitres dans le cadre des négociations d'adhésion à l'UE en 2025.

Voir les conclusions du Conseil européen : https://aeur.eu/f/ewj  (Camille-Cerise Gessant avec la rédaction)

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